2

Twilight - Chapitre 1 : Fascination de Catherine Hardwicke (2009) par Tootsif

SANG POUR SANG GUIMAUVE

Isabella Swan, 17 ans, déménage à Forks, petite ville pluvieuse dans l'Etat de Washington, pour vivre avec son père. Elle s'attend à ce que sa nouvelle vie soit aussi ennuyeuse que la ville elle-même. Or, au lycée, elle est terriblement intriguée par le comportement d'une étrange fratrie, deux filles et trois garçons.

Bella tombe follement amoureuse de l'un d'eux, Edward Cullen. Une relation sensuelle et dangereuse commence alors entre les deux jeunes gens : lorsque Isabella comprend que Edward est un vampire, il est déjà trop tard.

Oui, vous avez bien lu le titre de cette chronique : Twilight – Chapitre 1 : Fascination. Et dedans je parlerai bel et bien de…….Twilight, ce n’est pas une vile ruse de ma part pour attirer un nouveau lectorat à coup de publicité mensongère, le film (et pas que) a bel et bien été visionné.

Pourquoi me direz vous ? Il a pété son câble Toot’, il crache à longueur de temps sur ses pseudos vampires et il mate le film ? Il nous fait son coming out « en fait j’aime les films de midinettes » ou quoi ?

Pas du tout, très cher public, mais c’est qu’en se moment j’éprouve de la lassitude à commenter des films vus et revus et que j’apprécie donc je cherche le challenge, le grand frisson et quoi de plus naturel que s’attaquer à ce qui habituellement me hérisse le poil et que je fuis comme la peste, c'est-à-dire le drame romantique.

Et pour ce faire, quoi de mieux que de commencer par la saga qui électrise toutes les gamines entre 12 et 16 ans (voire plus) : Twilight !

Donc j’ai maté le premier Twilight (pas tout seul non plus j’en suis pas rendu à ce point là non plus, mais avec le soutien d’une amie fan des bouquins et qui apprécie globalement les versions ciné) et je dois avouer que (roulement de tambour pour suspens insoutenable) ce n’est pas aussi pourri que ce que j’imaginais.

Mais attention ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit ! Ce n’est pas une merde infâme mais c’est quand même super chiant et franchement très niais (désolé mesdemoiselles mais si si ça l’est).

Bon pour commencer, on va évacuer d’entrée le sujet qui fâche, c'est-à-dire le traitement du mythe du vampire. Bon, pour parler poliment, on va dire que l’auteur Stephenie Meyer, l’a adapté pour toucher son cœur de cible, c'est-à-dire nos jeunes demoiselles romantiques qui voient dans le vampire le nouveau prince charmant, une figure érotique/gothique soft propre à enflammer leur imagination : désir interdit (la couverture du bouquin n’est elle pas la pomme, le fruit défendu ?), amour par delà la mort, érotisme de la morsure, leur grâce qui cache une force hors du commun (donc danger et protection intimement mélangés) etc, etc.

Donc ici nos vampires au teint toujours blafard n’aiment pas le soleil (bon ça c’est classique) parce que sinon leur peau brille (ça ça l’est beaucoup moins et l’effet graphique est d’ailleurs très pourri), n’ont pas de canines pointues (pourtant c’est plutôt sexy), ont une ombre, apparaissent sur les photos..

Donc grosso modo ils sont comme vous et moi sauf qu’ils se nourrissent de sang (d’animaux pour les plus sympas d’entre eux), sont immortels (la question des pieux dans le cœur et autres méthodes pour les tuer n’est pas abordée) et ont chacun un pouvoir perso (lire les pensées, voyance…). Tout est ainsi fait pour que le vampire ne dégoûte pas les demoiselles.

Cette volonté de ne pas se couper de l’adolescente qui croit au prince (vampire) charmant est à ce point obsédante que le film (et livre) ne nous épargne aucun cliché du genre au point de sombrer  fréquemment dans la mièvrerie la plus totale.

Ainsi la réalisation, outre d’être d’une platitude totale et ne faisant ressentir aucun frisson (putain elle traine avec des vampires merde, on devrait ressentir un minimum de danger, de tension, tout du moins sexuelle vu la relation Bella/Edward, mais non que dalle), ne nous épargne aucun des plans imposés pour ce type d’histoire (genre l’héroïne au premier plan qui parle face caméra le regard perdu dans le vide, ce qui pour l’actrice principale n’est pas bien dur, tandis que son amoureux est flou en arrière-plan) donnant plutôt l’impression de regarder un téléfilm du dimanche aprem sur une chaîne de la TNT qu’un film (impression renforcée par des effets spéciaux très cheap voire ridicules, cf les « pouvoirs » des vampires).

Par ailleurs le film n’évite pas l’écueil du remplissage avec plans certes jolis mais longs et inutiles (je ne reviendrai pas sur le match de base-ball juste ridicule)

Outre la réalisation, c’est surtout l’histoire et la narration elles-mêmes qui sont clichées : entre une héroïne, adolescente qui se sent différente des autres (les regardant avec détachement comme si elle n’était pas le même univers qu’eux, sentiment qu’éprouve à un moment donné tout ado pour se dire que non, définitivement il n’est pas un mouton), une narration façon journal intime, les grandes phrases pompeuses dignes de Roméo et Juliette, les atermoiements d’Edward qui se la joue un coup meilleur pote puis « toute façon tu peux pas comprendre »….

Tout ceci fait que le film se ferme au reste du public autre que sa cible, le laissant irrémédiablement à quai, parcouru par un vaste sentiment d’ennui.

Sans compter que la demoiselle ne semble pas plus étonnée que ça de rencontrer des vampires,, ce qui supprime tout côté pseudo-réaliste au film.

Ceci est à la fois la force et la faiblesse de ce film. Sa trop grande fidélité à son cœur de cible (les adolescentes doucement romantiques) et son absence de prise de risques (une tension sexuelle plus présente et un sentiment de danger plus fort auraient grandement contribués à lui donner plus de rythme et à l’ouvrir à un public plus vaste) lui empêche de sortir de la catégorie dans lequel il s’est lui-même enfermé.

Donc les fans du genre et du livre l’encenseront et les autres passeront leur chemin pour éviter de sombrer dans l’ennui le plus total.

C’est dommage car la photo est très belle avec un filtre qui accentue l’impression de tristesse et la B-O, certes romantico-arty, est plutôt sympa, mais putain qu’est ce que c’est chiant (en plus ça dure 2 plombes ce bordel) et niais.

« Twilight - Chapitre 1 : Fascination » (2009) de Catherine Hardwicke. Avec : Kristen Stewart, Robert Pattinson, Billy Burke. Distribué par SND. Durée : 02 H10.