X-Men: le commencement (2011) de Matthew Vaughn par Flow
Misfits et fier de l'être.Je suis le premier à critiquer la fièvre des reboot qui a contaminé Hollywood ces dernières années. Ces films ne sont que trop souvent médiocres (Vendredi 13, Massacre à la tronçonneuse) ou du moins dispensables (The incredible Hulk, Halloween, à mi-chemin entre reboot et remake). Et la tendance ne va pas décrescendo, bien au contraire. Bientôt Conan, La planète des singes, Spiderman, Daredevil, Les quatre fantastiques, Superman et même Batman! De quoi avoir la nausée, d'autant plus que la plupart sont mis en chantier pour conserver les droits des personnages (Sony avec Spiderman ou la Fox avec Les quatre fantastiques). Du coup, cet X-Men First Class doit se coltiner des aprioris négatifs. Mais heureusement, les aprioris ne demandent qu'à être contredits...
1962. En pleine guerre froide, les premiers mutants émergent de leur léthargie et commencent à réclamer leurs droits de succession. Sebastian Shaw (Kevin Bacon) est de ceux-là. Les humains “normaux”, pour avoir une chance de survivre, sont forcés de faire appel à d'autres mutants. Parmi eux, Charles Xavier (James McAvoy), jeune professeur télépathe et arrogant, accompagné de sa sœur adoptive, Raven (Jennifer Lawrence). C'est ainsi qu'il fait la connaissance d'un puissant mutant colérique: Erik Lehnsherr (Michael Fassbender). Et pendant ce temps, la crise des missiles de Cuba se prépare...
Blockbuster optimal.
Ce film remplit fièrement son rôle premier: offrir à son public un divertissement grand public de qualité optimale. De l'action pure, des pouvoirs étonnants et des enjeux narratifs clairement établis: détruire le monde, empêcher une guerre, la vengeance. Tout est clair et tout est simple. Le fan en aura pour son argent et le spectateur venu se détendre également, d'autant que les effets spéciaux sont de qualité. En gros, un travail soigneux et consciencieux porté par une réalisation efficace et un casting de haute volée.
Casting d'enfer.
Le casting est sans conteste le point fort du film. Le danger principal pour un reboot est de ne pas parvenir à faire oublier les acteurs originaux. Mais ici, ils les effacent carrément. Les deux rôles titres (Magneto et le professeur X) sont portés par deux excellents acteurs. McAvoy campe un Charles Xavier compatissant mais arrogant, charmeur et insouciant. Fassbender nous livre un Erik à fleur de peau, fêlures béantes et colère à peine contenue. Leurs entrevues (la partie d'échecs notamment) sont pleines de tension, de par le statut quasi-divin du spectateur qui connaît la fin de l'histoire. L'objectif principal est un succès. Et autour de ces deux-là, le casting est au diapason. Que se soit le bad guy campé par l'excellent Kevin Bacon dans un rôle de proto-Magnéto ou encore les adolescents qui s'éveillent à la sexualité...euh à leurs pouvoirs, tous rendent crédibles ce film. Les acolytes de Shaw sont en deçà car constamment silencieux. Mais ce sont des détails.
Uchronie passionnante.
Le contexte choisi, la guerre froide et la crise des missiles de Cuba, est une bonne idée. Cette époque se prête à tous les délires et réinterprétations possibles. Certes, il n'y a du coup rien d'original dans le film mais cette uchronie (monde parallèle dans lequel le passé est proche mais différent du notre) est de bonne facture. On est loin de la réussite des Watchmen mais il n'empêche que le background est fort et cohérent.
Misfits of science.
Un misfit en anglais est un marginal, un être non intégré en raison de son comportement différent. Ici, les personnages sont des exclus de fait. Leur anomalie génétique en fait des mutants, des êtres difformes qui ne peuvent s'intégrer et en souffrent. Mais si leurs pouvoirs sont la cause de leurs maux, c'est parce qu’ils sont trop humains qu'ils sont malheureux. Ils souhaitent, en effet, être “normaux”. Cette belle métaphore sur la différence, la mise au ban et l'acceptation de soi (Mystique), propre aux X-Men, n'a rien de neuf. Tous les films précédents l'intégraient et de nombreux autres avant et après ces derniers. Il est logique d'y revenir ici, en couplant la réflexion à l'adolescence, phase ultime de création du moi et terreau de tous les symbolismes imaginables.
S'ils avaient pu s'arrêter à ces deux niveaux de lectures (le blockbuster et le message sur la tolérance et le darwinisme social), les auteurs ont décidé d'aller plus loin.
Genèse d'une société.
Ils nous offrent une idée assez intéressante pour un film de cet acabit. Comment se créer une société? Quels en sont les prémices, les balbutiements? Eh bien ça commence avec la solitude. Tous les mutants répètent cette même phrase à leur première rencontre: je croyais être le/la seul(e). De ce sentiment naît la sensation d'appartenance, de groupe, puis de communauté. Pour citer Aristote, l'homme est un animal social. Il est donc inéluctable que les mutants se regroupent (ce qui explique la facilité de la relation entre Mystique et le Fauve) et c'est paradoxalement ce qui les rapprochent de l'Humanité qui les rejette et qu'ils imitent. Le film s'applique à raconter et construire les étapes de la création de cette société. Et le rôle des deux personnages principaux, antagonistes y est prépondérant. Ils représentent les deux mamelles habitant les prémices d'une communauté: le pacifisme et le bellicisme. Le premier est incarné par Xavier, un brin idéaliste (voire utopiste) et hypocrite. Il prêche, en effet, la paix avec les hommes mais est le seul à ne pas souffrir de sa mutation et est par ailleurs totalement intégré. A l'opposé, Erik se construit par opposition et volonté guerrière de dominance, voire d'annihilation. Le groupe se fonde autour de ces deux idées opposées mais intrinsèquement liées (qui n'a pas vu le sous-texte ambigu voire gay dans leur relation) et il n'est pas facile de se positionner. Pour finir, le processus inclut la disparition des premiers soubresauts de la société (à savoir Shaw) car comme disait Darwin, on ne peut pas faire d'omelette sans casser quelques œufs...
Au final, X-Men first class ravira les fans (mise en place de l'univers malgré les libertés prises et deux caméos assez drôles) et ceux qui cherchent un honnête divertissement (contexte historique, action prenante). Mais ce film est tellement plus. Il fourmille de détails cocasses (les soirées de jeunes mutants) et d'idées intéressantes (la genèse de la société mutante). Une excellente surprise.
PS: A la vue de ce film, je suis forcé de réévaluer Thor et de lui enlever une bobine.
" X-Men First Class " de Matthew Vaughn. Distribué par 20th century Fox. Avec James McAvoy, Mickaël Fassbender, Jennifer Lawrence, Rose Byrne et Kévin Bacon. Durée: 2h10.





























Excellente analyse! Je fonce le voir dimanche!!!
Merci! Tu me diras ce que tu en as pensé.
Sans être génial, un bon divertissement.
J’aime beaucoup le déroulement moral si l’on peut dire, c’est à dire la façon dont Xavier et Magnéto évoluent.
Les deux ont le même raisonnement, basé en partie sur la théorie de Xavier, énoncée au début du film, pour sa thèse, selon laquelle la nouvelle espèce doit détruire l’ancienne pour dominer à son tour (il prend alors l’exemple du Sapiens qui a causé la disparition du Néanderthal).
Mais son côté humain l’empêche d’arriver à cette extrémité. Tandis que le vécu d’Erik fait qu’il a moins de remords.
Très intéressant.
Je me suis rendu compte qu’en fait, je suis plus un Magneto qu’un Xavier…
Eh bien moi aussi
J’ai trouvé Xavier arrogant, utopiste et naïf. Un peu comme Superman qui refuse de se salir les mains puis fait la morale aux autres lorsqu’ils le font à sa place.
Franchement je suis curieux de le voir d’autant plus que je n’ai pas aimé la première trilogie que j’ai trouvé….presque ridicule comparé à la version papier.
Je n’ai jamais été très comics (je n’en ai jamais lu un seul) mais je trouve les deux premiers volets pas mal du tout. Après, en le comparant aux comics, je ne sais pas ce que vaut cet opus.
Et bien le comics est plus sombre et plus sinueux (surtout avec Josh Whedon au scénar’) et puis je trouve, pour les films (surtout le 3), que l’ensemble fait très carton-pâte!! On dirait des films sans budget.
PS: et puis les tenues….pfff!! Singer à voulu moderniser les costumes et puis il se retrouve avec des gars qui sortent du milieu Bikers!!
Pour les costumes, je trouve que ça va. Mais le 3 (que je viens de revoir) fait vraiment toc et superficiel. Les personnages n’ont plus rien pour exister. Magneto en est l’exemple type hélas.
Horrible!! Toi aussi tu trouve que ça fait toc? Marvel a bien fait de conserver la licence pour le reste de ses super héros (même si certaines adaptations sont bof!!) car même si “le commencement” est bon dommage que trois films plus que moyens aient été fait….Et dire qu’il y a des fans…
Disons que les films Marvel (à partir de Hulk à Thor donc) font preuve d’un amour communicatif pour leurs créations. Et c’est un plus. Mais d’un autre côté, recréer un monde cohérent avec tous les héros en vue des Avengers, je ne suis fan qu’à moitié. Surtout que pour ça, on doit se taper des réalisateurs assez impersonnels. Allez, au hasard Letterier pour Hulk. Même si Ang Lee s’est planté, au moins il a tenté quelque chose avec le géant vert.
Et ne nous leurrons pas, les meilleurs adaptations sont celles dont Marvel a cédé les droits. Spiderman, X-Men 2 ou celui-ci. Les réalisateurs sont plus libres. Raimi et Singer, il n’y a pas photo! Enfin, on pourrait en faire un article de ce débat il y a matière:)
Marvel a une politique bizarre quand même car autant ils rendent “adultes” leurs créations papiers autant ils infantilisent leurs films….Par contre je ne suis pas entièrement d’accord avec toi sur la qualité des films dont les droits ont été cédés à d’autres firmes: Les 4 Fantastiques!! Véritables bouses en puissance et puis, comme je l’ai déjà dit, la trilogie X-men est vraiment désuette…
Pour moi le 2 n’ est pas mieux que le 1er, toujours le même schéma : exposition – dialogue – climax (franchement tiède).
Le 2 est juste plus friqué.
Le 3 est plus pourris que les autres, mais ils restent très moyens.
You’re my friend!!!
d’accord avec Marco, Xmen2 est décevant rien que par par rapport au budget consacré, pourtant yavé du potentiel par rapport au modèle papier (qui s’appelait “Dieu créée, l’Homme détruit” je crois) mais au final les scènes d’action retombent inexorablement comme un soufflé, en définitif c’est une trilogie presque médiocre, le premier s’en tirant plus qu’honorablement avec le recul (1iére apparition de Wolvie,yaaaaaaa!!!!). En tout cas Vaughn a l’air d’avoir réussi son pari, et il avait la pression le saligaud car Mr Claudia Schiffer avait déclaré à l’époque de son “Kick ass” que tout le monde en avait plein le cul des adaptations live des comics et sa devait plus ou moins s’arrêter.Il a du avoir les miches qui ont du faire bravo le jour de la sortie la Matthew!!J’attends de voir ce que va donner le film “The boys” tiré du bouquin méga barré de l’allumé Garth Ennis qui en l’état est purement inadaptable (j’ai dit la méme chose de “Watchmen” mais bon) shé pas du tout comment ils vont faire sans que la MPAA sorte les couteaux de coupe.
Pas vraiment d’accord avec vous. Le 2 n’est pas un grand film c’est clair mais Singer ne se cache pas derrière l’action (elles sont d’ailleurs assez rares). Il tente vraiment d’offrir un spectacle de qualité!
The boys est inadaptable ne serait-ce que pour son contenu hyper sexué et burlesque et anti-conventionnel: montrer des super héros aux moeurs sexuels décadentes? Impossible!!
J’ ai dis exposition – dialogue – -climax, pas action. Encore heureux parce que Singer et action ça va pas ensemble (il gère mal les plans et le découpage….).
Et puis bon l’ aspect tolérance, je m’ en contrefout, il y a bien d’ autres oeuvres qui parle beaucoup mieux de ce sujet (parce que l’ acceptation des différences c’ est vu et revu).
Un film pas prise de tête, pro, sans trop d’ âmes. Quand on l’ a vu une fois ça suffit…..
Bon, alors je suis pas fan de la réal de Vaughn, mais c’était quand même vraiment bien ce Commencement! Les libertés scénaristiques apportent un sacré souffle au récit, et le côté uchronique est excellent! J’adore la mise en place des personnages et leurs interactions, qui parviennent à être assez fidèles aux films précédents!!!
Content qu’il t’ait plu!
Bon je suis allé le voir !
Je partais avec un a priori négatif refroidi par la première trilogie que je trouve mauvaise (seul le un est acceptable et encore) et une bande annonce qui ne me donnait clairement pas envie.
Au final j’ai plutôt été agréablement surprise même si ce n’est pas LE film de super héros définitif non plus.
Je ne reviendrai pas sur les points positifs pour lesquels je suis d’accord avec Flow (construction des x-men, création des prémices d’une communauté mutante avec acceptation de leur différence, fusion entre l’univers X-men et notre histoire, énorme Fassbender) pour parler de ce qui fait que le film aurait pu être tellement mieux.
Outre des effets spéciaux assez foireux (l’apparition du fauve est pathétique tout comme son design) il faut noter un humour pas vraiment à propos (la nouba entre mutants, la campagne de recrutement de Xavier et Erik est pathétique tout comme l’entrainement ! Alors que Vaughn revient magistralement sur les origines de ce dernier, il fout tout en l’air sur sa construction de son personnage avec ses blagounnettes), un certain manque de rythme après l’introduction jusqu’à la première mission, un roster de x-men pas super glamour (le hurleur, Havok, Angel y a quand même plus cool), des libertés avec la mythologie x-men auxquelles le fan hurlera (Mystique pseudo soeur de Xavier, Emma Frost dont le diamant semble très fragile, Moira qui est une scientifique….) et des clins d’oeil par trop appuyés (Shaw répète 2 fois très forts nous sommes les enfants de l’atome ! C’est bon on a capté la référence)
Mais bon dans l’ensemble les bases pour une nouvelle série sont plutôt bonnes, en espérant que l’erreur Ironman 2 ne soit pas répétée
Tu voulais dire agréablement surpris… Non???
Pour les effets spéciaux, je suis d’accord même si cela me semble secondaire devant la réussite du film.
Apparemment, ils ont eu un délai de maniaque imposé par la FOX. Ce qui les excuse un peu je pense.
Et la débâcle Iron Man 2 étant l’œuvre de Marvel, il y a peu de chance que la suite suive le même chemin.
Et la soirée entre mutants m’a bien fait marrer
En fait Tootsif c’ est un mutant, ça explique pourquoi des fois il se trompe de super identité, des fois c’ est Tootsif, des fois c’ est Tootsiffe il/elle ne sais plus très bien
Hé voilà on se mélange entre ce qu’on tape et ce que l’on veut écrire (une bonne surprise devient être agréablement surprise) et les requins se jettent sur toi ^^
En fait non je vous ai jamais dit que je suis une fille ?
Tootsiffe
Putain, tu te cachais bien
tu couches le premier soir? Mdr!!
Meilleur film sur les mutants x et de loin. Traitement sérieux et respectueux du genre de la part de Vaughn, Magneto se taille la part du lion du métrage, Puissant, iconique Fassbender irradie l’ écran et aurait mérité un film a lui tout seul (sa traque des nazis est un moment fort du film). Mc Avoy assure bien aussi, le contexte est intéressant en plus mais rebutera sans doute les plus jeunes (comme Watchmen); il y a des maladresses indépendantes de la volonté du réal de “Layer Cake” (Sfx parfois limites peut être imposés par la “deadline” de la Fox) et quelques fautes de gout regrétables(le fauve avec ses lunettes, come on!????) mais on tient un film sincère, prenant et qui sent pas l’ opportunisme des adaptations live des comics actuels. le cameo d’un canadien griffu m’a fait péter de rire en plus, un moment aussi bref qu’ hilarant.
Eh bien que dire, tu résumes mon avis parfaitement!