10

Green Lantern (2011) de Martin Campbell par Bruce Kraft

LA LANTERNE ROUGE.

Dans un univers aussi vaste que mystérieux, une force aussi petite que puissante est en place depuis des siècles : des protecteurs de la paix et de la justice appelés Green Lantern Corps, une confrérie de guerriers qui a juré de maintenir l’ordre intergalactique, et dont chaque membre porte un anneau lui conférant des super-pouvoirs. Mais quand un ennemi du nom de Parallax menace de rompre l’équilibre entre les forces de l’univers, leur destin et celui de la Terre repose sur leur dernière recrue, le premier humain jamais choisi : Hal Jordan, un pilote d'essai talentueux mais irresponsable.

Étant un amateur de ce super-héros j'étais de ceux qui attendait le film au tournant et qui ne fondait pas beaucoup d'espoir en cette adaptation du comic-book. L'univers sur papier des Green Lantern est assez vaste et connaît depuis quelques années un engouement certain depuis que les aventures de ces flics de l'espace se sont dirigées vers un côté épique assez excitant où les moments de bravoure succèdent aux scènes d'action mettant en scène une multitude de personnages hauts en couleur. Une bonne base donc pour Martin Campbell chargé de mettre sur bobine les aventures de Hal Jordan, premier Green Lantern venant de la planète Terre.

L'écurie DC Comics, maison d'édition et de production en concurrence  directe avec Marvel, voulait marquer l'année 2011 avec un de ses héros fétiche pour ne pas trop rester dans l'ombre de Marvel et sa flopée de super-héros (Thor, X-Men: first class et Captain America) sur grand écran en attendant le prochain opus de la saga Batman de Nolan. Et bien c'est loupé.

j'ai l'impression que les scénaristes, et je dis bien scénaristes car le réalisateur ne fut finalement que spectateur du film laissant les producteurs prendre la barre du navire, ne font que reprendre les ingrédients de la recette du voisin quant il s'agit de cuisiner leur plat. Et du coup on retombe dans les mêmes travers que les autres adaptations de comic-book. Alors voilà, y en a marre de cet humour à base de répliques pourries et attendues comme le feu d'artifice du 14 Juillet: On sait quand ça va tomber, c'est toujours pareil et finalement une heure après on ne s'en souvient plus.

Marre aussi des histoires d'amour proprettes où il n'y a pas l'ombre d'une cuisse à l'horizon et qui finissent par parasiter les films en tuant leur rythme avec des plages de dialogues débilisantes: "Je t'aime.."-"oui mais tu n'as pas répondu à ma question"-"je sais mais..."-"Quant grandiras-tu?"-"J'ai maintenant de grandes responsabilités..."-"Mais tu ne me dis pas tout!!".....Pffffff!! Incroyablement inutile dans un film de super héros censé divertir( je dis bien divertir car rares sont les films de super-héros censés faire réfléchir hormis le cultissime "Watchmen").

En fait, le principal problème est là: "Green Lantern" ne divertit pas. What the fuck!? Les scènes d'action sont aussi rares qu'un TGV sans retard, c'est dire! Dommage car il faut quand même avouer que question design le film n'est pas à mettre au fond de la classe avec par exemple la planète Oa (qui accueille les Green Lantern) magnifique et ses supers flics tout verts qui ont vraiment de l'allure (d'ailleurs beaucoup sont présents dans les comics comme le charismatique Kilowog!!). Malheureusement les passages dans l'espace sont aussi rares que les scènes d'action.

Question mise en image des super pouvoirs de la bagounette verte on dira aussi que l'examen est réussi aussi mais qu'il y a un certain manque de folie. D'ailleurs, le seul moment de folie est certainement le plus ridicule du film avec un Hal Jordan créant un châssis de voiture pour réceptionner un hélico qui s'écrase et le faisant rouler sur un circuit tout vert!! Génial? Pathétique? Mon cœur balance encore.

Je ne m'attarderais même pas sur la prestation de Ryan Reynolds (le Deadpool de "Wolverine: Origins") qui, franchement, rend son personnage d'une mollesse absolue et lui donne une image de crétin avec un regard de cocker terriblement stressant. De plus, ça me fait vraiment chier de le dire mais retrouver Tim Robbins dans un tel film c'est hallucinant!! Besoin pressant d'argent? Pitoyable!

"Green Lantern" est mauvais (le pire c'est qu'une suite est clairement annoncée en fin film!!), plat dans son scénar' et jamais surprenant (ils seraient temps que les scénaristes à Hollywood se remettent en question), mou dans son déroulement (deux scènes d'action plus un assaut de l'ennemi ultime coupé après 40 secondes!!) et finit par ennuyer le spectateur (où est le côté épique et guerrier du comic-book?) malgré des effets spéciaux et un design pas dégueu. Conclusion: c'est vite vu, vite dégueulé.

"Green Lantern" (2011) de Martin Campbell. Distribué par Warner Bros. Avec Ryan Reynolds, Blake Lively, Peter Sarsgaard. Durée: 1h54.