L'Exorciste (1974)de William Friedkin par Tootsif
DIEU EST EN MOI ! AH, NON ERREUR C'EST UN DEMON.
En Irak, le Père Merrin est profondément troublé par la découverte d'une figurine du démon Pazuzu et les visions macabres qui s'ensuivent. Parallèlement, à Washington, la maison de l'actrice Chris MacNeil est troublée par des phénomènes étranges : celle-ci est réveillée par des grattements mystérieux provenant du grenier, tandis que sa fille Regan se plaint que son lit bouge.
Quelques jours plus tard, une réception organisée par Chris est troublée par l'arrivée de Regan, qui profère des menaces de mort à l'encontre du réalisateur Burke Dennings. Les crises se font de plus en plus fréquentes. En proie à des spasmes violents, l'adolescente devient méconnaissable.
Chris fait appel à des médecins mais tous les traitements se montrent inefficaces. Elle décide alors de se tourner vers le père Karras.
Il y a des films qui font partie de vous car leur seule évocation vous remémore un souvenir particulier lié à leur visionnage ou à l'émotion qu'ils vous ont provoqué.
Chez moi, c'est le cas de films comme Star Wars car ils symbolisent les mercredi après midi où, quand j'étais gamin, seul avec mon petit frère, on se mettait les cassettes (aux bande tellement niquées par les multiples visionnages) pour refaire après les scènes les plus marquantes.
Ou de l'Ours où mon père a du m'évacuer du cinéma tellement je chialais à la mort de la maman ourse au début du film (et oui j'étais sensible à l'époque).
Et de L'exorciste de William Friedkin.
Ce film j'ai du le voir pour la première fois vers l'âge de 8/9 ans et s'il m'a autant marqué c'est pour les nuits difficiles qu'il me fit vivre après son visionnage. Car oui, combien d'endormissements difficiles, de réveils en sursaut après les cauchemars provoqués par ce film (mon lit a bougé, puisque je vous dit que mon lit a bougé!)?
Donc oui, ce film a une place particulière dans ma vie et pendant nombre d'années rien que le simple énoncé de son titre provoquait chez moi moultes sueurs froides.
Ainsi, cette semaine spéciale consacrée aux films d'horreur est l'occasion pour moi d'affronter mes vieux démons et de voir si le film produisait toujours le même impact sur ma petite personne.
Et, si certains films voient leur impact diminuer au fil des visionnages et surtout sous l'effet du temps passant, L'Exorciste ne subit pas ses outrages et reste encore aujourd'hui un des sommets de l'horreur.
Le premier élément qui donne toute sa force au film et qui lui permet de traverser les époques sans en subir de fâcheuses conséquences est sa réalisation.
Cette dernière s'inscrit dans une veine proche du documentaire (bien avant les conneries comme Blair Witch, Paranormal Activity et consorts qui pensent être des précurseurs) avec une caméra sans artifice (mais non dénouée d'un certain sens de l'esthétisme avec une photographie au teintes mélancoliques)
Car Friedkin casse les codes du genre en optant pour une approche sociétale du phénomène de la possession, encrant ainsi le surnaturel dans le quotidien, ce qui au final rend sa présence quasiment crédible (d'ailleurs le livre dont est tiré le film est inspiré d'un fait réel ayant eu lieu dans le Maryland des années 40) et surtout plus forte quand les éléments fantastiques et horrifiques se manifestent à l'écran.
Ainsi, il faut bien attendre une cinquantaine de minutes avant les premières manifestations visibles du démon. Entretemps, Friedkin prend son temps pour décrire les tourments psychologiques vécus par la mère qui voit sa fille changer sans en comprendre les raisons.
Mais, par petite touche, par un cadrage différent, par un gros plan sur un visage, par une image fugitivement glissée, par un effet sonore (dont l'emblématique thème créé par Mike Oldfield n'est au final qu'une goutte d'eau car utilisé seulement 3 fois) par cette transformation d'une jeune fille modèle dont la médecine croit connaître les raisons, Friedkin créé peu à peu un sentiment de malaise qui s'insinue de plus en plis dans notre esprit, nous laissant ainsi penser que l'explication de cette métamorphose n'est peut être pas aussi rationnelle que les médecins de Reagan semblent bien le croire.
Et, quand le fantastique finit définitivement par s'imposer il nous semble ainsi parfaitement crédible. Friedkin peut alors basculer dans le fantastique le plus pur et l'horreur absolue sans que cela nous semble grotesque ou incongru.
Et de ce côté là, L'Exorciste n'y va pas avec le dos de la cuillère !
Alors oui, au vue de la production actuelle (Saw et cie) ça semble pas très gore mais bordel c'est pas parce qu'il n'y pas des hectolitres de sang que ça ne choque pas !
Rendez vous compte on est en 74 dans une Amérique Puritaine et Friedkin nous envoie en pleine gueule une gamine de 10 ans qui profère les pires injures mais surtout qui se mutile le vagin à coup de crucifix avant d'empoigner sa propre mère à pleines mains pour la forcer à mettre sa tête dans ses blessures avant de l'envoyer valdinguer.
En faisant voler en éclat le tabou ultime de notre bonne société bien pensante judéo-chrétienne, l'innocence de l'enfance, il est difficile de faire plus transgressif !
Et 30 ans après cette scène a toujours le même impact et peu peuvent se venter d'avoir approché sa force.
Et, cette force repose essentiellement sur les épaules de la jeune et frêle Linda Blair dont la performance est tout simplement hallucinante de véracité, d'émotion, de folie ! Putain comment a t elle pu sortir indemne d'un tel rôle ?
Ah, on me dit dans l'oreillette qu'elle ne s'en est pas remise.
Enfin même si le reste du casting est excellent de justesse (on a l'impression que ce qui se déroule devant nos yeux est vrai, que ce n'est finalement pas acteurs (les Dardenne chantres du « cinéma réaliste » feraient bien d'en prendre de la graine), la petite Linda cannibalise chaque plan où elle apparaît que ce soit en jeune fille espiègle ou en créature démoniaque.
Ainsi, s'il n'a pas provoqué les mêmes cauchemars que dans mon enfance (et ouais je suis devenu un vrai mec maintenant), il n'en reste pas moins que le film a gardé toute sa force et qu'à aucun moment le poids des années ne se fait sentir. L'Exorciste est et restera l'un des plus grands films d'horreur car il prend le temps de poser son ambiance, pour nous faire ensuite basculer dans le fantastique sans que cela ne nous semble illogique.
« L'Exorciste » de Willam Friedkin (1974). Avec : Linda Blair, Ellen Burstyn, Max Von Sydow, Jason Miller. Edité par Warner Bros. Durée : 02 H 02.





























Moi je l’ ai vu bien plus tard (genre 16 – 17 ans) donc forcément l’ impact n’ a pas été le même (j’ avais déjà vu une bonne dose de film frapadingue), mais j’ en garde un bon souvenir, mais il faudrait aussi que le revoit.
Et moi je suis un sans coeur, j’ ai pas pleuré quand la maman ours meurt (plutôt du genre : mais il est bête cet ours…..
T’es sûr que t’as pas pleuré quand l’ousron gratte la roche et cie ?
Pff sans coeur ^^
Bon en même temps maintenant pour me faire chialer au ciné faut en vouloir ou alors c’est vraiment des trucs particuliers (genre j’ai pleuré devant la puissance des fins de Old Boy ou Le Labyrinthe de Pan)
Arf… Je suis comme toi il m’a traumatisé. Je l’ai vu à douze ans, au cinéma, pour sa resortie en salle (je croyais que c’était un remake mais je viens de découvrir que non lol). Mais je serais bien incapable de le revoir. Déjà, j’ai voulu tué Bruce quand j’ai vu l’image choisie pour la page d’accueil XD
Phrase culte: “ta mère suce des bites en enfer!!” Indémodable et jouissive!!
Bon moi question anecdote je n’ai que celle de ma mère qui à l’époque avait été le voir au cinéma:” Les gens hurlaient de peur et ton père a dû même quitter le cinéma tellement il était malade!”. J’ai depuis renié mon père!!lol!!
Ceci dit tu as raison il faut remettre le film dans un contexte historique où la religion avait encore de l’importance pour les gens et que parler du diable c’était encore significatif. Et pourtant, on était en 1974!!!
Donc en fait t’as pris les goûts ciné de ta mère ? Je comprends que t’ai renié ton père lol