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Super 8 (2011) de J.J. Abrams par Bruce Kraft

ROSWELL HATE US.

Été 1979, une petite ville de l’Ohio. Alors qu'ils tournent un film en super 8, un groupe d’adolescents est témoin d'une spectaculaire catastrophe ferroviaire. Ils ne tardent pas à comprendre qu'il ne s'agit pas d'un accident. Peu après, des disparitions étonnantes et des événements inexplicables se produisent en ville, et la police tente de découvrir la vérité…

Je l'avoue je n'attendais rien de ce "Super 8" qu'on nous annonçait être un véritable hommage aux productions Amblin (E.T, la saga des Indiana Jones, les Gremlins, les Goonies...) de Spielberg, qui en plus produit le film, que l'on a tous (les trentenaires surtout!!) connu et qui ont enchanté les gosses que nous étions. De plus avec un J.J. Abrams multi-casquettes (scénariste de la série "Lost" et "Fringe", réalisateur du reboot de "StarTrek") surfant sur la vague d'un succès mérité on aurait pu penser que "Super 8" réussirait à nos attentes de vieux nostalgiques.

Pour tout dire, c'est vrai que tout rappelle l'univers des premiers films produits par Spielberg et c'est même exagéré il faut bien le dire. Abrams pille allègrement dans les productions Amblin pour situer son histoire et c'est ainsi qu'on retrouve les fameux quartiers familiaux de la middle class américaine (les suburbs) de la fin des années 70 (genre dans E.T. ou Poltergeist) avec ses hordes d'enfants se baladant dans les rues en bicross (vélo tout terrain ancêtre du VTT) à la recherche d'une connerie à faire (Les Goonies) ou possédant des chambres remplies de goodies de Star Wars (publicité subliminale récurrente dans les films Amblin).

C'est vrai que c'est du pur bonheur au niveau de l'atmosphère d'autant plus que même au niveau de la bande originale, composée par Michael Giacchino (Là-haut), on a l'impression d'entendre les morceaux d'un John Williams (E.T.) ou d'un Alan Silvestri (Retour vers le futur) qui étaient énergique et donnaient une sensation de magie aux films.

Seulement voilà (on me dit dans l'oreillette qu'on a dépassé les quotas en matière de nostalgie et de gentillesse!!!), à trop vouloir se concentrer sur l'atmosphère du film et sur son environnement (d'ailleurs le film a été tourné dans la même ville que dans Retour vers l'enfer!!) que Abrams a, semble t-il, oublié de plancher sur son scénar' car franchement.....c'est déjà vu et revu!! Où est passé le scénariste de Lost? Hallucinant de voir une histoire si fade et insipide s'étaler sur presque deux heures de film en mettant presque au second plan l'histoire principale au profit de l'amourette (touchante quand même!!) entre notre jeune héros et sa petite copine!!

On suit le groupe d'ados de manière agréable (en plus les gosses sont plutôt bons acteurs et possèdent tous une personnalité diffèrente) c'est vrai, même si l'humour des Goonies auraient été le bienvenu, et c'est vrai aussi que le film bénéficie d'une certaine légèreté et naïveté nécessaires à un film pop-corn mais sans déconner faut quand même pas abuser quand certains raccourcis sont pris. Ce bougre d'Abrams nous balance une histoire complètement pompée sur E.T. à la différence près que dans E.T. même les situations les plus improbables nous paraissaient possibles et jamais ridicules.

En fait je me trompe car Super 8 c'est plutôt l'histoire de E.T. mais qui aurait vu son extra-terrestre alcoolique (et qui rote en plus!) remplacé par un alien de la grosse daube toute pourrite (oui pourrite vous avez bien lu!!) d'Independance Day!! Je sais ça casse mais merde!! En plus, on nous ressert le coup du grand méchant militaire qui traque les gosses pendant tout le film à la manière d'un colonel Decker dans "L'agence tout risque" et qui se retrouve vaguement confronté au "shérif de père" (Kyle Chandler!? Vous connaissez? La série "Demain à la une"!!) du jeune héros.

En fait aucune magie n'émane du film de science-fiction pop-corn d'Abrams (et son coup de "je fais un hommage aux films en super 8!" je reste encore dubitatif!!) qui tombera rapidement dans l'oubli même si certaines séquences (celle du train qui déraille) restent assez sympas. Je dirais simplement que Super 8 ça a la couleur d'Amblin, mais ça n'a certainement pas le (bon) goût d'Amblin.

Super 8 de J.J. Abrams (2011). Distribué par Paramount Pictures. Avec Joel Courtney, Kyle Chandler, Elle Fanning. Durée: 1h50.