Ghosts of Mars (2001) de John Carpenter par Bruce Kraft
GHOST OF RIEN.
En 2176, la Terre a fait de Mars une colonie minière où 640 000 personnes tentent de vivre dans un environnement hostile. A Chryse, la capitale de la vallée sud, le lieutenant Melanie Ballard et son équipe reçoivent l'ordre de transférer James "Desolation" Williams, un criminel de la pire espèce, à la Cour de justice. Ils débarquent alors dans la ville abandonnée de Shining Canyon. Seuls Desolation et une poignée de détenus, enfermés dans leur cellule, semblent être les rescapés d'une terrible catastrophe. Des cadavres mutilés jonchent les couloirs de la prison. Au même moment, au fond du cratère de la mine à ciel ouvert, un étrange rituel se déroule. Des milliers de guerriers en transe s'adonnent à des rites barbares et sanglants.
Critique réalisée dans le cadre du Challenge du blog L'écran Miroir: Carpenter, Fais moi peur!!
En 2001 cela fait déjà 25 ans que John Carpenter nous balance des films de SF et d'horreur bénéficiant de budgets modestes. De plus dire que "Big John" ne s'est pas fait que des amis durant ce quart de siècle n'est pas exagéré tant le réalisateur s'exprime sans tabou sur le monde du cinéma et, surtout, sur l'aspect business de la machine hollywoodienne. Côté artistique la filmo de Carpenter fait toujours débat (bien que certains films comme The Thing soient de manière indiscutable cultes) mais le réal s'est toujours vu suivi par une grosse frange d'inconditionnels prêts à lui pardonner certaines faiblesses et certains choix.
C'est dans ce contexte que Ghosts of Mars est dévoilé au monde entier. Le pitch du film est d'une banalité affligeante mais finalement quant Carpenter sort un film le cinéphile n'a pas besoin de pitch pour aller au cinéma....c'est quand même Carpenter merde!!!
Ghosts of Mars s'affiche d'emblée comme un film de siège dans la lignée de ce que Carpenter nous avait déjà proposé avec son film culte Assaut et joue la carte de l'originalité en ancrant son film dans l'espace (hormis son Dark Star le réal situait toujours ses films sur Terre) et plus particulièrement sur la planète Mars. Carpenter nous emmène donc sur Mars avec ses flics chargés de transférer un prisonnier d'une petite ville minière vers une cours de justice. A la tête des flics le réal, pas macho pour deux sous, mise une fois de plus (Fog, Halloween) sur des femmes pour diriger les opérations avec Natasha Henstridge (La Mutante), Pam Grier (Jackie Brown, Mars Attacks) et Clea DuVall (The Faculty, Identity). D'ailleurs l'idée que Mars soit une société matriarcale était vraiment intéressante mais ici elle ne sera simplement qu'accessoire.
Le casting c'est le premier faux pas de "Big John" car d'un point de vue strictement artistique la pauvre Natasha Henstridge ne possède pas le charisme nécessaire pour le rôle d'héroïne "couillue" que lui demandait Carpenter et on regrette amèrement Courtney Love qui devait avoir le rôle principal mais qui s'était blessée peu avant le tournage. Holy Shit. Pour couronner le tout on attendait beaucoup de Pam Grier, encore reconnue pour son rôle de Jackie Brown, et finalement son personnage n'apportera rien à l'histoire et se verra même disparaître en moins d'une demi-heure. Et merde.
Côté masculin la présence de Ice Cube (Anaconda) est une aberration tant le rappeur est mauvais dans son rôle de prisonnier (je vous rassure: même dans d'autres rôles!) coupable des pires horreurs mais qui est finalement sympa, courageux, dévoué, etc.....Bref, un personnage énervant et mal interprété ce qui est quand même horrifiant quant on sait que le thème du "méchant se ralliant aux gentils pour combattre le même ennemi" a été déjà surexploité et bien mieux utilisé auparavant. On notera la présence sympa d'un Jason Statham (pas encore la star du film d'action de série B d'aujourd'hui) plutôt juste dans son rôle de "simple flic/homme mais pas si con que ça".
Avouons quand même que ce n'est pas seulement le casting qui plombe le film mais bel et bien un Carpenter qui a beaucoup perdu de sa fougue et d'une réelle inspiration, même technique (des fondus entre les scènes qui ne servent à rien). Tout y est déjà vu que ce soit au niveau des rebondissements d'une platitude absolue (une fin ultra prévisible chez Carpenter et même cheap pour le coup) et des dialogues parfois drôles mais de manière involontaire. De plus quant il y a une bonne idée elle n'est utilisée qu'à moitié (les points de vue de la situation par les différents protagonistes, les flashbacks émaillant le film qui est lui même un flashback).
Le pire étant les scènes d'action qui se révèlent être..... horriblement molles et quant on se met à réfléchir on se dit que ça aurait pu être pire si il n'y avait pas cette musique rythmant chaque scène, toujours composée par Carpenter himself, et prévenant à chaque fois le spectateur de manière agaçante que ça va péter dans vraiment pas longtemps. Enfin, péter c'est vite dit car hormis quelques décapitations les combats sont d'un niveau amateur. Dommage, car les "guerriers adeptes de scarifications" bénéficient de maquillages plutôt cools, biens inspirés de l'univers de Mad Max, avec surtout un chef de guerre charismatique au possible mais pas assez exploité.
Ghosts of Mars est un grain de sable de plus dans la carrière de Carpenter à la différence prêt qu'il est sa dernière réalisation avant sa longue pause de 10 ans (hormis deux épisodes, passables, de la série des Masters of Horror) et son retour avec The Ward. Ghosts of Mars restera à jamais un film fatiguant réalisé par un homme fatigué.
"Ghosts of Mars" (2001) de John Carpenter. Distribué par Screen Gems. Avec Natasha Henstridge, Pam Grier, Clea DuVall, Ice Cube, Jason Statham. Durée: 1h32.



























De loin le Carpenter le plus faible, mais il a un côté tellement bricolé, cheap, raté, mal joué (en même temps il était omnubilé par le décolleté de la p’tite Henstrige), qu’ il en devient drôle…..mais à ses dépend…..
Je ne l’ai pas trouvé drôle, juste chiant XD