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Conan de Marcus Nispel (2011) par Tootsif

CONNARD LE BARBANT

Pour Conan, le légendaire guerrier cimmérien, ce qui avait commencé comme une vengeance personnelle va se muer en combat épique pour sauver Hyboria d’une puissance maléfique surnaturelle. Face à ses ennemis, aux terrifiantes créatures et aux épreuves d’exception qui l’attendent, Conan va peu à peu comprendre qu’il est l’ultime espoir d’un peuple…

Sur La Pellicule Brûle, nous sommes des fans incommensurables du Cimmérien ! Il faut dire que le film de Milius est d'une telle puissance qu'il figure aisément parmi nos films cultes.

Alors l'annonce du retour du fils de Crom dans les salles obscures a fait chez nous l'effet d'une petite bombe et nous a plongé dans un torrent de sentiments ambigus ! Joie ? Tristesse ? Peur ?

Bref j'étais plus que partagé à tendance carrément sceptique.

Faut dire qu'après la claque infligée par le film de Milius il est difficile de faire mieux. Et ce d'autant plus qu'Hollywood avait embrayé dan la foulée de Conan le Barbare sur 2 opus (ouais on peut compter Kalidor dans le lot vu que si Schwarzy s'appelle pas Conan dedans c'est pour un problème de droits) qui quand on y repense donnent froid dans le dos.

Et les premières news sur sur ce nouvel opus n'avaient pas de quoi rassurer avec un développement des plus chaotiques ; ainsi on passait de King Conan (Conan vieux ce qui aurait permis un retour de Shwarzi et surtout de mettre plus de profondeur au personnage en se rapprochant des meilleurs nouvelles de Robert E Howard) à un reboot (ben ouais les djeuns d'aujourd'hui connaissent pas le vieil opus et les codes des scènes d'action ont évolué), de McG (Charlie »s angel, pas glop ! et Terminator Renaissance, glop !) à la réal pour finir à Marcus Nispel (les reboots de Massacre à la Tronçonneuse et Vendredi 13, pas vus, et le joli mais chiant Pathfinder), et de Gérard Butler (300 et tout plein de conneries à l'eau de rose) dans le rôle de Conan à.....Jason Momoa ?

Putain c'est qui ça ? Ah,, Flow, notre spécialiste série, me précise que le bonhomme a joué dans des séries comme Alerte à Malibu et Stargate Atlantis. Oulà ça fait flipper ça ! Bon la bonne nouvelle c'est qu'il a joué aussi le charismatiquement et physiquement impressionnant Khal Drogo dans la série (à suivre obligatoirement sous peine de lapidation de ma part) Le Trône de fer (A Game of thrones pour les puristes).

Mouais mouais, tout ça ça rassure pas des masses quand même et c'est donc en compagnie de mon ami Ninnin, grand fan du film originel, et d'un mauvais pressentiment que je m'engouffrais dans la salle obscure

Et, il y a des films où même avant son démarrage la séance s'annonce mal, et c'est le cas de ce Conan. Et ouais car avant le début du film je me suis tapé la bande -annonce de Twilight 4 ! Ouais Twilight 4 avant Conan ! Y a pas comme un décalage entre les 2 publics là ? Non c'est pas pour jouer sur les stéréotypes qui feront réagir les féministes lourdingues mais bon Conan est a priori plus destiné à un public plus velu, moins fin que celui de Twilight. A moins qu'on ait transformé Conan en metrosexuel précieux adepte de poésie et de chasteté avant le mariage ?

Bref, au moment où le film se lance j'étais encore moins rassuré et la suite allait hélas me donnait raison.

Bon, on va essayer d'être positif, le film n'est pas exempt de quelques qualités.

La première sera une relative fidélité au matériel de base. Ben oui, avec tout le respect et l'amour que j'ai pour le film de John Milius, ce dernier avait pris une certaine distance avec les nouvelles de Robert E Howard, ces dernières servant surtout à poser l'univers dont se sert Milius pour illustrer son propos.

Ici, on retrouve l'esprit pulp des nouvelles de Conan : un héros macho, de l'aventure avec tout plein de lieux différents, des jolies filles courtes vêtues, des méchants magiciens et tout le bataclan.

A côté de ça les décorateurs ont plutôt bien recrachés leur influence de Franck Frazetta, Le dessinateur culte de nombre de comics et de couvertures de Conan.

Mais pourquoi suis-je aussi méchant alors si ça respecte les nouvelles de Conan et qu'en plus ça a le style visuel de son plus grand illustrateur ?

Ben parce que même avec tout ça, le film est de la merde en barre !

Ouais ça respecte l'esprit des nouvelles de Conan mais des mauvaises ! Robert E Howard était un écrivain frappadingue, toujours sans une thune et qui donc écrivait à la vitesse de la lumière pour pouvoir vivre. Donc dans le tas y avait un paquet de mauvaises nouvelles !

Et puis bon les revues dans lesquelles ces nouvelles étaient publiées étaient surtout destinées à un public d'ado boutonneux qui voulait de la fantasy brutale, sans finesse avec un héros musclé et des jeunes filles courtes vêtues à sauver !

Et bien, le scénar de ce Conan c'est ça et pas plus ! Voire moins !

Ici pas de destin pour Conan simplement une bête aventure dans laquelle on ne plonge jamais vu que Jason Momoa et son regard bovin et son jeu frustre ne nous implique à aucun moment dans ce qui arrive à Conan. Ouais c'est bien beau de faire mille et une références au matériau originel (Conan pirate, une anecdote ou 2 sur certaines de ses aventures...) mais si pour faire une histoire aussi bateau et sans grandeur, c'est franchement pas la peine.

Tout comme cité Frazetta comme référence pour les décors et l'image ! Ici ouais on a droit à du Frazetta, du pauvre, et en plus sur des toiles peintes ! Et ouais tous les décors sonnent faux, entre rochers en polystyrènes et ruines en carton, bref c'est cheap au possible et le pauvre Frazetta doit s'en retourner dans sa tombe d'être cité pour un tel résultat.

Et naturellement le reste des points du film se met au diapason.

Les scènes de baston, inutilement sanglantes, sont mal tournées et d'une rare mollesse à coup de ralentis et d'exagérations des coups et donnent plus dans le gentil film d'aventure que dans la dark fantasy virile (en fait ça m'a souvent fait penser à Prince of Persia, et c'est pas un gage de qualité surtout un passage avec des guerriers en sable où Conan saute d'échafaudage en échafaudage) et comme le combat final est pas passionnant pour 2 ronds le film manque cruellement de bravoure (en fait la seule scène d'action correcte a lieu avec Conan jeune qui met en pièces une bande de sauvages, enfin qui le sont plus que lui).

A ceci on peut ajouter un casting qui donne dans le n'importe quoi avec un Said Taghmaoui (cocorico) qui donne dans le sidekick pathétique, un Ron Perlman en père de Conan sensé approfondir la psyché de ce dernier (et c'est foiré) qui est là pour le cachet, un Stephen Lang en bad guy et Rose McGowan cabotinent à mort pour montrer à quel point ils sont vraiment méchants.

Bref tout ce petit monde s'agite à l'écran dans une histoire bateau à tendance nase où on enchaîne les lieux et situations sans trop savoir comment ils sont arrivés là (genre un barque attaque le bateau de Conan au beau milieu de l'océan, bravo les petits gars d'être allés jusque là à la rame ! Ou Conan se trouve téléporté d'une cité aux égouts d'un temple le temps d'un changement de plan).

Et il ne faut pas oublier un score à des années lumières de celui de Basil Poledouris dont les premières mesures suffisaient à vous foutre la chair de poule et à insuffler un souffle épique à l'image.

Donc oui le film est loin du chef d'œuvre de John Milius mais, pire que tout, il est loin d'être un bon film, et même simplement correct aurait suffi à mon bonheur, de fantasy/action.

Au lieu de ça on est plus proche de conneries genre Prince of Persia, La Momie et consorts, et encores ces derniers ont le mérite d'annoncer la couleur et de pas péter plu haut que leur cul (en parlant de cul le film sera susceptible de plaire aux demoiselles grâce à un long plan sur le fessier musclé du Maori.

Entrer dans la légende dit la tagline sur l'affiche. Ouais, mon cul, ici on vient plutôt de la tuer.

Fuyez pauvres fous!!« Conan » de Marcus Nispel (2011). Avec : Jason Momoa, Ron Perlman, Stephen Lang, Rose McGowan. Distribué par Metropolitan FilmExport. Durée : 01 H 52.