Viva la Muerte....Tuya/Tua - Et Viva la Revolution de Duccio Tessari (1971) par Tootsif
DEUX BANDITS, UN TRESOR, UNE REVOLUTION.....
Deux bandits, Vladek Orlowsky, faux pasteur mais vrai voleur, et Lozoya, bandit mexicain, sont obligés de s’associer pour retrouver la trace d’un trésor caché par le gouvernement mexicain. Mais sur la route de ce dernier ils devront faire face à de nombreux dangers : un shérif en armure, un colonel mexicain, une journaliste irlandaise et une révolution.
Le Western italien, aka western spaghetti, a déferlé sur le monde cinématographique tel un tsunami pendant environ 10 ans (grosso modo du milieu des années 60 au début des années 70), succédant ainsi au Péplum.
Et cette déferlante a pris toutes les formes : le politique (El Chuncho, Il était une fois la Révolution), le mystique (Kéoma, Le retour de Ringo), le kung-fu (Mon nom est Shanghai Joe), le comique (Un pistolet pour Ringo, Mon nom est Personne….) et son niveau va du chef d’œuvre (Django, Il était une fois dans l’Ouest, Le Grand Silence…) au minable (et là, la liste est trop longue et peu intéressante pour qu’on s’y attarde).
Bref les westerns spaghetti c’était un peu la roulette russe tant au niveau du genre que de la qualité.
Et ce Viva la Muerte….Tuya, il se situe où tant tout ça ? On est encore vivant ou on se prend la balle en pleine face ?
Viva la Muerte…. c’est avant tout une comédie, la situation révolutionnaire du film servant simplement à entraîner nos deux compères de situations improbables en situations improbables et vers la fin à réveiller le bon fond qui sommeillait dans les recoins profonds de l’âme de ses deux magouilleurs !
Donc ici on a droit à des personnages hauts en couleurs. Voyez plutôt : on a le droit à un ex-prince russe devenu voleur qui se fait passer pour un pasteur, un bandit mexicain kleptomane qui se voit leader révolutionnaire, une journaliste qui joue de ses poings comme personne, un sheriff en armure, un colonel mexicain coureur de jupons, bref c’est varié et franchement n’importe quoi.
D’autant plus que les acteurs et non les moindres (Franco « Django » Nero et Eli « Tuco, le truand » Wallach) se font plaisir, cabotinent à mort, et ce d’autant plus que la version française, bien foireuse, grossit bien le trait.
Bref c’est plutôt sympa mais ça va pas, hélas, plus loin.
La faute à quoi ? A deux choses.
La première, c’est la réalisation. L’histoire est certes classique, mais les personnages sont truculents à souhait et les situations proposées plutôt sympa et drôles mais, le problème, c’est que la réalisation, assez plate et peu inventive, fait un peu retomber le tout. Et oui, que voulez-vous, Duccio Tessari est très loin des qualités visuelles des trois S (Sergio Corbucci, Sergio Solima, Sergio Leone), les dieux vivants du western italien.
Alors que ces derniers trouvaient toujours des idées pour sublimer la plus banale des scènes, Tessari fait lui plutôt figure d’honnête artisan : s’il ne pourrit pas son sujet, il ne le transcende pas pour notre plus grand malheur.
Ces gunfights sont ici statiques, sans inventivité, à la limite de l’ennuyeux En plus en décidant de donner un peu d’âme à ces deux salopards dans les derniers instants du film, j’ai été un peu déçu, car ça donne au film un côté gentil, bienpensant qui amoindrit le début et le côté cynique des personnages (Franco Nero déguisé en pasteur pour dépouiller les mariages).
Et, la deuxième chose qui amoindrit l’impact du film, c’est, qu’avec un script assez similaire (des gugusses collaborent/se trahissent pour chopper un magot alors que c’est la guerre autour d’eux), Sergio Leone a sorti quelques années plus tôt Le Bon, la Brute et le Truand……Et oui, là d’un coup, Viva la Muerte se retrouve encore rabaisser. Ces personnages pourtant sympathiques semblent d’un coup dénué de charisme, sa réalisation déjà faible devient lamentable, bref c’est pas la joie….
C’est dommage, avec un peu plus d’ambition et de talent ce western spaghetti aurait pu être vraiment agréable, mais il n’est qu’au final que sympathique et la présence dans le même genre du génial Le Bon, la Brute et le Truand, tend à encore plus amoindrir ses qualités.
Bref, à moins que vous ne soyez un fana du genre (ce qui est mon cas) vous pouvez passer votre chemin. Pour les autres, on se situe au dessus de la moyenne des productions de ce genre mais encore loin des chefs d’œuvre.
« Viva la Muerte…..Tuya/Tua » ou « Et viva la Revolution ! » de Duccio Tessari (1971). Avec : Franco Nero, Eli Wallach, Lynn Redgrave, Dan Van Husen. Distribué par Seven7. Durée : 01 H 43.



























Franco Nero, je l’adore!!! Si tu n’as pas vu La Proie de l’Autostop, jette-toi dessus!!! En plus il y a l’excellent David Hess qui nous a quitté la semaine dernière…
Non pas vu donc je vais me chercher ça de ce pas