16

Les Immortels de Tarsem Singh (2011) par Bruce Kraft

300 - 299 = 1.

Les armées du roi Hypérion ravagent la Grèce. Le roi sanguinaire veut libérer le pouvoir des Titans, qui sont emprisonnés, afin d’anéantir les dieux de l’Olympe et l’humanité tout entière. Le seul espoir de l'humanité semble être un jeune tailleur de pierre, Thésée, qui veut se venger de l'assassinat de sa mère par Hypérion. Avec l’aide de l'oracle Phèdre, Thésée rassemble une petite troupe de fidèles, et part affronter son destin dans une lutte désespérée pour préserver l’avenir de l’humanité.

"Par les producteurs de 300" est ce que vous pouvez voir en premier sur l'affiche du film et comme chacun sait cette technique d'accroche pour vendre un film n'est pas forcément un bon signe pour la suite des événements. Pourtant j'étais plutôt positif à la veille d'aller voir ce film car non seulement j'aime la mythologie mais j'aime aussi l'univers graphique du réalisateur Tarsem Singh qui m'avait pas mal marqué avec les films The Cell et The Fall. Alors bon, en avant!!

Et bien on déchante vite et même très vite je peux vous le dire. Déjà on lit le pitch à l'entrée du cinéma et on tombe des nues. Mais c'est quoi cette histoire? Et oui, lorsqu'on s'intéresse à la mythologie un minimum je peux vous dire que Les Immortels n'est qu'un pur fantasme de Singh qui ne fait que reprendre de vrais personnages de la mythologie grecque pour retoucher leur biographie et les claquer dans une histoire inventée de toute pièce. Un comble alors que la mythologie grecque est d'un richesse tellement incroyable qu'on pourrait en tirer une centaine de films.

Deuxième reproche, que l'on voit rapidement à l'écran, c'est l'aspect design des décors et des costumes: horribles!! Les costumes sont cheap à souhait et torchés par la même costumière que pour le film Dracula de Coppola (l'armure très organique). Autant dire que Eiko Ishioka (oui, on dénonce sans peur de représailles chez nous!!) avait dû s'envoyer quelques verres de saké de trop en dessinant ces horreurs (on touche le fond avec les costumes des Dieux et le casque  d'Hypérion qui ressemble à s'y méprendre à une  tête de fourmi qui aurait un Mickey Rourke coincé dans le gosier!!). Les décors font vraiment bidon(Phèdre devant la statue de son mari!! Die grosse rigolade!!) et....et....pas la peine d'en dire plus finalement.

Troisième reproche, impensable à ce niveau, le manque de technique et de professionnalisme de Singh. Montage bidon, plans foireux et moches, scènes inutiles et ridicules (Poséidon en Superman!!), manque de rythme évident et un choix de casting étoffé mais pas toujours bien utilisé avec des personnages trop creux (Henry Cavill (les tudors) joue en plus comme un rat crevé, Freida Pinto est....esthétique , Mickey Rourke est un vrai bad guy et...où est Stephen Dorff en vrai?). A noter que les seuls plans valables, et disons même magnifique, du film sont en fin de bobine dont un qui est semblable aux peintures que l'on peut retrouver dans les coupoles de certaines chapelles ou églises (L'aurore sur le char de Charles Lebrun ou L'assomption de la Vierge de Corrège).

Pour rentrer légèrement dans le détail, je dois dire que lorsqu'on vend un film comme étant un successeur de 300 on se doit de respecter certaines obligations et ainsi livrer du combat hyper stylisé et quelques phrases biens senties et cultes (aouh!! aouhh!!). Ici les combats, pourtant gores (t'en veux de la tête et du membre coupé?) et biens bourrins (les dieux de l'Olympe moi j'irais pas pisser sur leurs pompes en tout cas!!) n'arrivent que dans le dernier tiers de la bobine et questions dialogues c'est....le néant.

Un film déjà bien trop plombé par son réalisateur pour que les trop rares moments de satisfactions puissent relever le niveau du film. Tarsem Singh prouve ainsi qu'il reste juste assez bon pour être le réalisateur d'une seconde équipe de réalisation (L'étrange histoire de Benjamin Button). Résumons donc: Les Immortels est d'un ennui mortel!!

Quelle bouse!!Les Immortels (2011) de Tarsem Singh (U.S.A). Avec Henry Cavill, Mickey Rourke, Freida Pinto, Luke Evans, Stephen Dorff, john Hurt et Isabel Lucas. Durée: 1h50.