Real Steel de Shawn Levy (2011) par Tootsif
ROCKY ROBOTIQUE
Dans un futur proche, la boxe a évolué pour devenir un sport high-tech. Charlie Kenton, un ancien boxeur, a perdu toute chance de remporter le championnat depuis que les humains ont été remplacés sur le ring par des robots d’acier de 900 kilos et de 2,40 m de haut. A présent, il n’est plus qu’un manager minable qui utilise des robots bas de gamme fabriqués à partir de pièces de récupération. Il gagne juste assez pour survivre d’un combat à l’autre. Lorsque Charlie touche le fond, il accepte à contrecœur de faire équipe avec son fils Max, qu’il a perdu de vue depuis des années, pour construire et entraîner un champion. Dans l’arène où tous les coups sont permis, les enjeux sont plus élevés qu’ils ne l’ont jamais été. Contre toute attente, Charlie et Max ont une chance, une seule, de faire leur grand retour…
Il est des fois où rien ne se passe comme prévu et au final tout est bien qui finit bien et c’est le cas pour cette séance de cinéma. Parti comme nombre de week-end depuis quelques temps au complexe ciné de ma ville en compagnie de mon frère et de l’ami Ninnin, l’ami des mauvais films dixit himself, il avait été décidé d’un commun accord d’aller voir le « phénomène » Intouchables (d’une part, l’ami Ninnin avait envie de le voir et comme je lui impose bien des films, je peux bien faire cet effort, et d’autre part, j’avais envie de comprendre cet engouement des foules, phénomène typiquement franco-français où la masse populaire s’emballe pour des films dont les qualités sont pourtant peu reluisantes, genre Les Choristes, Bienvenue chez les chtis, Camping….)
Mais ayant mal mesuré l’ampleur du phénomène en question, nous nous sommes retrouvés devant des séances complètes pour au moins une semaine pour ce film et n’ayant pas envie de faire demi-tour après cet effort incommensurable pour quitter le jeu Magic en ligne il fallait orienter vers un autre film notre choix.
Deux candidats se retrouvèrent en liste en choix de consolation : Contagion du Sieur Soderbergh ou Real Steel.
Contagion ayant déjà été chroniqué par le boss et n’étant pas un fan du cinéma de Soderbergh (et encore moins des films « chorale » où la star semble être là juste pour le cachet) le choix se porta finalement sur Real Steel.
Choix que je ne regrette aucunement, le film remplissant parfaitement sa mission, c'est-à-dire : divertir.
Et pourtant c’était pas gagné d’avance tant l’histoire banale à souhait semble écrite d’avance. Voyez plutôt on a le droit à un mec looser qui se retrouve malgré lui en compagnie de son gosse qu’il avait abandonné à la naissance car trop lâche et trop individualiste pour assumer ses responsabilités. Donc au début ça va être la confrontation et l’incompréhension entre les 2, puis ils vont se rapprocher mais bam ! Alors que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ils devront se séparer car le père sera rattraper par ses vieux démons mais un sursaut d’orgueil le fera assumer ses responsabilités et tout finira bien.
Bref Real Steel semble sans surprise et effectivement il l’est puisque le scénar n’échappe à aucune des figures imposées mais pourtant ça marche et on suit avec intérêt l’histoire proposée !
Pourquoi ça marche ?
Plusieurs raisons à cela.
La première c’est que c’est plutôt bien réalisé, que Shawn Levy évite à tout moment de tomber dans le pathos larmoyant dans cette relation père/fils avec une réalisation nerveuse, fluide qui fait passer les pourtant 2 H 10 du film comme une lettre à la poste.
La deuxième c’est que les interprètes sont tip top (et ouais ça pète comme expression), le duo Hugh Jackman/ Dakota Goyo (putain y en a qu’on pas de chance avec leur nom, mais que voulez-vous on choisi pas sa famille) fonctionne à merveille dans les rôles du père looser – ours grognon et du fils débrouillard en recherche d’une figure paternelle. Leur complicité transparait à l’écran et en plus des petites vannes sympas fusent entre les 2. Bref ils croient à ce qu’ils font et donc nous aussi par la même occasion.
Et comme le reste du casting se démerde plutôt bien avec leurs rôles archétypaux (la belle sœur faussement acariâtre, le rival aussi crétin que méchant et la businesswoman aussi sexy que dangereuse….) on suit avec plaisir tout ce petit monde.
Bon un bémol cependant pour le personnage d’Evangeline Lilly, dans un pseudo rôle d’Adriane dans Rocky, dont le seul intérêt est de la voir se balader en petit culotte et débardeur (ce qui est franchement loin d’être déplaisant il faut l’avouer).
La troisième c’est le côté S-F des plus sympathiques. Les combats de boxe n’étant pas assez punchy dans cette société ils ont été remplacés par des combats de robots.
Et ceux-ci sont franchement bien foutus ! Les effets spéciaux sont bien ficelés avec un chouette design et la réalisation lors des combats de ces bestiaux d’une tonne est inspirée (même si on note un problème de caméra inversé quand le robot suit les mouvements de Jackman) avec en prime un dernier combat bien rythmé digne des films Rocky.
Ce côté S-F/action évite ainsi au film le côté mou du mélo familial le faisant passer dans la case ô combien rare quand c’est bien fait du bon divertissement tout public en alternant avec intelligence, et plutôt brio, action et émotion.
Franchement, comme disait le frangin en sortant de salle « j’aurais vu ce film quand j’avais 10 ans, j’en aurais été fan ». Et il suffit en sortant du ciné de voir sur le parking un mioche d’environ 10 piges mimer des gestes de boxer pour se dire que le film a parfaitement rempli son office.
Un bon film pour petits et grands c’est tellement rare que ça fait du bien. Harry Potter, Pirates des Caraïbes et consorts feraient bien d’en prendre de la graine !
« Real Steel » de Shawn Levy (2011). Avec : Hugh Jackman, Dakota Goyo, Evangeline Lilly, Anthony Mackie. Distribué par Walt Disney Pictures. Durée : 02 H 10.





























Très bonne soirée au finale.
Je suis toujours subjuguée par le jeu de jambe d’Evangeline Lilly (elle ne démériterai pas sa place dans un corps d’accord…mais bon…)
Le cinéma pourquoi? ben pour se divertir et oublier ce qui se passe à l’extérieur de la salle obscure.
Alors c’est vrai, c’est pas le film de l’année, mais pas de temps mort, pas de pathos (franchement ça fait du bien de voir un acteur qui assume le rôle du père “imparfait”), de l’action et un rythme bien dosé.
Le film rempli parfaitement le contrat: un très bon divertissement sans plus de prétention.
Et ouais comme quoi les séances ciné à l’arrache avec des films pas attendus sont parfois les + sympas