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The Last Winter (2011) de Larry Fessenden par Bruce Kraft

THE THING...THAT WE CONTEMPLATE.

Alaska. Une petite équipe de scientifiques, isolée, est chargée d’étudier et d’analyser une future zone d’exploitation pétrolière qui avait été découverte en 1986 et où l'on avait creusé un puit. Le climat devient comme fou et les températures se mettent à grimper tandis que d'étranges événements apparaissent. Les habitants de la station commencent un à un à dérailler partagés entre hallucinations et démence. Les événements sont-ils liés au puit? Ou est-ce la nature qui se révolte contre l'homme? Est-ce le dernier hiver de l'humanité?

Vous vous souvenez certainement du film Stake Land que j'avais critiqué il y a peu? Non? Alors vous allez jeter un coup d'oeil et vous revenez ici!! Bon, The last winter a été réalisé en 2006 et produit par Glass Eye Pix qui a produit Stake Land....Vous ne voyez pas ce que vient faire cette info ici? Bon, faut savoir que Glass Eye Pix est une boîte de production new-yorkaise et indépendante du système hollywoodien qui, lui, mise tout sur le divertissement débilisant. Ce qui sous-entend (attention c'est ici que l'on va perdre des lecteurs!!) que The last winter n'est pas un gros film fantastique bourré d'effets spéciaux mais offre en contrepartie une certaine réflexion sur notre société tout comme pouvait le faire Stake Land. Punaise, ça a été chiant pour vous là? Pour moi aussi.

Bon, au vu du pitch il est inutile de préciser que l'on pense directement au chef-d'oeuvre de Carpenter (the thing pour les incultes!!) et je peux vous dire que n'auriez pas totalement tort. Tout d'abord comme Carpenter Larry Fessenden (acteur de profession et réalisateur du film Wendigo)donne au paysage glacial une grande importance dans la mise en place du scénar' et pour assoir la paranoïa qui va s'emparer des personnages. C'est dans ce but que Fessenden balance, avec un talent certain, une série d'establishing shots du paysage glacier qui entoure la base.

L'influence de Carpenter n'est donc pas loin et s'affirme encore plus quant il s'agit d'entrer dans la base où sont obligées de cohabiter différentes personnalités (avec un Ron Perlman (Hellboy, Sons of Anarchy) et un James Legros vraiment bons) qui vont, vous pouvez vous en douter, s'affronter en plus d'affronter un ennemi presque invisible. Là s'arrête le parallèle entre les deux films. Ici, c'est un ennemi inconnu, que Fessenden ne cherche pas à identifier pour bien vous laisser réfléchir et faire planer le doute, qui va faire s'embraser la base et ses habitants de manière psychologique en instillant la peur de plusieurs manières avant de passer à la manière forte et bien sûr physique.

Le film ne se perd jamais en explication, bien que l'ombre d'un gros message écologiste plane sur l'ensemble de l'histoire, et reste heureusement avare en scène d'action au profit d'un point de vue contemplatif, avec parfois quelques longueurs. Je dis heureusement car Fessenden n'opte pas pour une fin du monde spectaculaire et soudaine ce qui l'aurait, à mon sens, profondément décrédibilisée. Une fin du monde à mi-chemin entre fantastique et scientifique se dessine alors sous nos yeux.

The last winter reste un sympathique petit film, avec quelques défauts et des effets spéciaux moyens,  qui ne marquera certainement pas les esprits mais qui a au moins le mérite de voir un réal' assumer ses choix et son propos. idéal pour ceux que le film 2012 avait fait rire.

Un film moyen

"The last winter" de Larry Fessenden (2006). Avec Ron Perlman, James Legros. Durée:1h41.