Tour du Monde de la Censure au Cinéma - Partie 3: Le Japon
Quant on parle cinéma pour le Japon on pense souvent à ses films délirants où des réalisateurs semblent n'avoir aucune limite quant il s'agit de choquer le public. Une image clichée (quoique pas toujours!) qui cache une censure assez stricte découlant de l'histoire d'un pays au passé troublé par la guerre et la défaite d'un Japon impérial face à une Amérique plus ouverte dans ses mœurs (quoique pas toujours!).
Aux origines: L'Empire.
Le cinéma japonais a connu la censure du régime militaire d'avant-guerre: 1913 un code de production a été mis en place, jusqu'en 1919 les femmes sont interdites à l'écran, en 1941 on interdit même les films à caractère "individualiste" (Le Goût du riz au thé vert de Yasujir? Ozu, en 1939, ne passe pas la censure avant le tournage) au profit de films "exaltants" ( Terres et soldats de Tomotaka Tasaka a un accueil amplement favorable car exaltant l'armée japonaise). Comprenez des films au service de la société et de la politique impériale.
L'après-guerre et l'influence américaine:
En 1946, la censure est abolie au cinéma sous le contrôle des autorités américaines qui occupent le pays (d'ailleurs c'est grâce à eux que "le baiser" apparaît enfin dans des scènes de film!!). C'est en 1949, d'après le modèle de la Production Code Administration Américaine édicté par la Motion Picture Producers and Distributors of America en 1930, qu'est créé l'EIRIN ou Eirin Kanri Iinkai. C'est une simplification, datant de 1956, de Eiga Rinri Kitei Kanri Iinkai (Code du Cinéma établi par des Comités d'Ethique). C'est aussi à cette période que le Japon redevient indépendant et que le cinéma japonais voit déferler des centaines de films tous plus barrés les uns que les autres et de nouveaux genres: les kaij?-eiga (films de monstres comme ceux de Godzilla) ou les pinku eiga (films érotiques et souvent avec violence à la clé) comme L'empire des Sens (1976) qui a connu la censure directes avec des scènes coupées et tout le toutim.
L'indépendance de l'EIRIN:
Les films sont classés selon qu'ils conviennent ou non à des enfants ou à des mineurs, selon qu'ils contiennent ou pas des actes sexuels ou de la violence car très vite l'EIRIN et le gouvernement ont pris des mesures drastiques en ce qui concerne le sexe et la violence: des lois anti-obscénités (sans leur donner raison faut avouer que les réalisateurs japonais vont parfois un peu trop loin!). Même si les films pornographiques, ou étant trop explicites, ne sortent pas en salle, on les retrouve en vidéo (avec passage obligé devant le VIDERIN qui est l'équivalent de l'EIRIN pour la vidéo) avec des caches et autres flous sur des pilosités interdites et sur les parties génitales (sur les animés on efface parfois le sexe masculin ce qui est plutôt bizarre visuellement lors d'une fellation). Le japonais, très libéral sur ce sujet en général, s'en amuse volontiers d'ailleurs.
Classifications:
Cette classification, qualifiée de censure par certains, est organisée par des professionnels du cinéma qui se défendent en mettant en avant l'indépendance de l'EIRIN qui protège le cinéma d'une législation du gouvernement qui serait certainement plus dure. Même Kinji Fukasaku a approuvé cette politique quand Battle Royale a été classé en R-15 suite aux menaces de certains politiciens.
L'EIRIN tient compte de divers éléments pour sa classification comme le thème, la langue, le sexe, le nudité, la violence et la cruauté, l'horreur et la menace, l'usage de drogues, et le comportement criminel. La classification dépend aussi du contexte. Il est illégal de montrer des images indécentes de mineurs de moins de 18 ans, et de montrer une œuvre qui est obscène.
- G: Tous publics: Pas de restriction d'âge. Les Pokémon, The Dark Crystal et la majorité des productions du studio Ghibli sont classés G.
- PG-12 : Sous la responsabilité des parents: Certaines scènes ne conviennent pas aux enfants de moins de 12 ans. Ils doivent être accompgné d'un parent ou d'un responsable. Gedo Senki, Princesse Mononoke, la plupart des films Lupin III, 28 jours plus tard, Jin-Roh et la trilogie du Seigneur des anneaux.
- R-15: interdit au moins de 15 ans: Sweeney Todd, Battle Royale, 300, Saw, Saw II, Zatoichi (film de 2003), Kill Bill, The descent, South Park: le film, Terminator 2, Full Metal Panic: Le second Raid et SHUFFLE! à la télévision.
- R-18: Interdit au moins de 18 ans: Jackass , Saw III, Carmen (2003), Hyper Tension, Eyes wide shut, Les promesses de l'ombre .
En tête (ou parfois à la fin) du générique d'un film ayant reçu l'accréditation d'EIRIN, le logo de l'organisation apparaît bien en vue sous le titre.
























Bravo chef, c’ est pour ça que tu es chef, vraiment très complet et très intéressant
Aaaaaaaaaahhh!! Je te remercie et tu vois dès que j’ai un peu plus de temps j’te torche des articles fouillés comme ça, au p’tit déj’ et sans clope depuis Samedi…Malheureusement je rebosse demain…Punaise c’est sympa l’appart’ et de bosser sur le net!!
En tout je réitère mes remerciements!!
merci pour toute cette culture que vous nous offrez^^ je vais de ce pas me procurer l’empire des sens
Mais de rien!! Ici c’est culture et cul-ture!! J’applique la formule de l’émission “C’est pas sorcier”: divertir et instruire!!Je crois que personne ne s’en plaindra, non?
Ceci dit: L’empire des sens est un film étrange, imparfait mais vraiment hypnotique. Je l’ai vu il y a peu et j’avoue être resté bête devant certains tableaux qu’il offre.