La Mauvaise Graine - The Bad Seed (1956) de Mervyn LeRoy par Bruce Kraft
NELLY OLSON'S SISTER.
La petite Rhoda est une enfant parfaite aux yeux de ses parents et de tout ceux qui l'entourent mais sous cet air angélique se cache un monstre. C'est lors de la mort d'un camarade de classe de Rhoda que sa mère va commencer à entrevoir le vrai visage de sa fille...
Mervyn LeRoy lorsqu'il commence le tournage de La mauvaise graine n'est pas un bleu et affiche au compteur la réalisation d'une cinquantaine de films dont Trente seondes sur Tokyo (1945), Les quatre filles du docteur March (1949) ou Quo Vadis (1952). Le scénar' qui lui est proposé n'est autre que l'adaptation d'une célèbre pièce de théâtre, elle même adaptée d'un best-seller, et l'opportunité lui est donnée de bénéficier des interprètes de la pièce. Avantage non négligeable qui va donner le ton à l'ensemble du film où la mise en scène garde cet aspect théâtrale dans le côté statique de l'action.
Outre le fait que les acteurs soient vraiment parfaits (même si certains se croient encore sur les planches) c'est surtout la petite Patty McCormack qui impressionne. La petite blonde, de 11 ans au moment du tournage, fait preuve d'un aplomb assez extraordinaire pour son âge et bénéficie d'un physique qui lorgne vers le détestable dès qu'elle apparaît à l'écran. Une sorte de Nelly Oleson encore plus antipathique et surtout sociopathe si vous voulez une comparaison plus concrète.
La mauvaise graine se démarque des productions de l'époque en jouant avec le spectateur un peu désorienté devant l'image de cette enfant innocente en apparence et diabolique dans les faits. Une forme stylistique assez nouvelle d'ailleurs. Le film en subira les conséquences et la censure poussera même LeRoy a revoir complètement la fin du scénar', estimée inadmissible aux yeux de la justice puritaine et religieuse.
Heureusement le film reste vraiment intéressant tant l'aspect psychologique reste fouillé et explore les méandres de la psychologie de l'enfant sociopathe et de ses origines. Devient-on sociopathe ou cette maladie se transmet-elle par le sang? (D'où le titre du film!) Le milieu social peut-il conduire le malade au meurtre? Un enfant peut-il être un assassin? Autant de questions mises en avant grâce aux différents personnages qui se succèdent (dont un criminologue, un homme à tout faire perturbé et un écrivain de polars) et entretiennent au travers de discussions la tension du film.
Une tension qui devient de plus en plus palpable alors que les doutes de la mère sur l'intégrité mentale de sa fille se font certitudes et que cette dernière joue, entre deux méfaits, "Au clair de la lune" au piano marquant la maison de son empreinte de sociopathe prête à tout pour arriver à ses fins. Le film offre alors un final aussi tragique que frustrant avec une fin castratrice et vraiment de mauvaise augure. Dommage car l'ensemble du film est vraiment bien fagoté.
La mauvaise graine (U.S.A) de Mervyn LeRoy (1956). Avec Nancy Kelly, Patty McCormack, Eileen Heckart. Durée: 2h09.


























Inconnu au bataillon celui la, mais sans lire la fin de ton article, j’ai eu un pressentiment sur la fin et le coté jusqu’au boutiste pas assumé du truc c’était peut être l’ époque qui voulait ça, si c’est du même niveau que “Joshua” je prends en tout cas.
La fin est pas assumée de par les studios et surtout le comité de censure qui a jugé la fin trop gentille pour la gamine….Alors qu’aujourd’hui la plupart des gens diraient:”pauvre gamine!! elle doit être soignée et pas punie!!”…..hum!hum!