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Pitch Black de David Twohy (2000) par Tootsif

        NOT ALONE IN THE DARK.

    Un vaisseau spatial transportant une quarantaine de civils est percuté par une météorite et se crashe sur une planète inconnue. Les membres de l'équipage périssent dans l'accident, à l'exception de Fry, une jeune pilote, et de quelques survivants. Parmi eux, un imam et ses disciples, un antiquaire, une géologue, une adolescente, le chasseur de Johns et Riddick, un criminel endurci en cours de transfert vers sa prison. Alors que le petit groupe tente de s'organiser sous un climat aride de jour perpétuel dominé par trois soleils, ils découvrent qu'une éclipse va bientôt frapper la planète, permettant à de monstrueuses créatures nocturnes de se mettre en chasse...

            Bon ça va plus du tout sur LPB ! Non mais franchement quoi on en vient à chroniquer des films français et même jusqu’à leur foutre des bonnes notes. Bon, quand ça vient de Flow, no problem, ça vient du mec qui aime Avatar donc on lui pardonne mais quand c’est le boss ou Marc qui s’y collent, putain, fuck quoi ! Et pourquoi pas chroniquer un film avec des pingouins qui chantent et qui dansent pendant qu’on y est ?????

Ahhhhh merde on l’a fait !!!

            Serions nous en train de nous embourgeoiser et de devenir politiquement correct ?

            Et bien moi à tout ça je dis non camarades ! Je m’élève contre ça et je dis qu’il est temps d’un back to basics !

            Et là avec ce film ça va être putainement le cas puisque celui-ci combine survival et S-F, deux genres chéris sur La Pellicule (avant que mes camardes virent lecteurs de Télérama). Ca vous fait plaisir hein que l’ami Tootsif pense à vous ô fidèles lecteurs totalement déboussolés par les choix cinématographiques aberrants de mes collègues (je sais les potes c’est l’hiver, on déprime, mais merde de là à mater des films français quoi ! Z-êtes devenus suicidaires ?) ?

            Donc j’opère ici un retour aux sources, à l’essence même du blog en parlant d’un film à faible budget mais  qui le cache bien et surtout qui le compense allègrement avec de bonnes idées.

Et ouais alors qu’à Hollywood on a besoin de centaines de millions pour nous pondre des bouses S-F y a des petits malins qui, avec 3 bouts de ficelle (bon ok, environ 20 millions quand même mais bon c’est même pas le budget bouffe d’une production Michael Bay), nous font des trucs bien trippants.

            Ce petit malin c’est David Twohy et son film c’est Pitch Black.

            La première chose qui frappe quand le film commence c’est que le père Twohy sait bien se démerder pour masquer la faiblesse de son budget : des SFX pas dégueu pour deux sous avec le crash d’un vaisseau spatial plutôt bien foutu et surtout une utilisation judicieuse de filtres et d’effets de surexposition qui rendent à merveille l’atmosphère étouffante et aride de la planète aux 3 soleils où nos « pauvres » voyageurs intergalactiques se sont crashés.

            Cette intelligence de l’utilisation du budget de Twohy se voit à tous les niveaux puisque si la base de son film est S-F elle n’en constitue pas le cœur. Ce dernier étant avant tout un survival il n’a donc pas besoin de s’embarrasser de tout le visuel high tech S-F. Ici une navette abandonnée au milieu d’un campement désertique suffit amplement.

            L’autre chose qui frappe dès le début du film c’est cette voix-off, grave, classieuse qui vous prend car on ne peut rien faire d’autre que de l’écouter. Cette voix, c’est celle de Vin Diesel alias ici, Riddick.

Jusque là cantonné aux seconds rôles (notamment dans Il faut sauver le soldat Ryan) Vin Diesel apparait ici au grand jour dans le rôle de Riddick, ce repris de justice au physique aussi impressionnant que sa voix et qui a en outre la particularité d’être nyctalope (« je savais bien que tu étais une salope », je la fais parce que je sais très bien que sinon y aura un d’entre vous qui sera assez con pour la faire en comm), particularité ô combien utile quand, tous les 22 ans, y a une éclipse totale des soleils et que de joyeuses saloperies sortent alors au grand jour (enfin à la grande nuit plutôt) pour bouloter tout ce qui passe à portée, et que, pas de pot, ben les 22 ans finissent aujourd’hui !

            Vin Diesel/Riddick (les 2 sont indissociables) rend par son personnage, son charisme, ses attitudes, ses répliques aussi courtes que puissantes le film totalement jouissif et en fait l’élément même qui le rend si bon et bien plus qu’un survival lambda.

Et pourtant le reste du casting fait son possible et bénéficie de personnages plutôt bien travaillés : entre la pilote (plutôt mignonne) qui a failli envoyer valdinguer tous les passagers pour sauver sa peau et qui est rongé par les remords, un chasseur de prime accro à la drogue et prêt à tout les coups pourris pour se casser fissa de cet enfer, une gamine fan de Riddick mais qui cache son sexe pour voyager tranquille, un Imam dont la Foi bien trop forte frôle l'aveuglement……

            Bref, Twohy soigne le fond tout autant que la forme.

            Le fond et la forme y sont en effet bel et bien puisqu’en outre le film remplit parfaitement sa mission de survival en opposant à nos naufragés de l’espace des créatures bien nerveuses et qui n’y vont pas avec le dos de la cuillère quand il s’agit de tuer leur victime. Le film réussit avec succès le basculement du huis-clos initial (et si la menace était parmi eux ?) au survival et la tension augmente d’un cran une fois la nuit tombée.

            Alors certes on pourra reprocher au film de ne peut être pas assez jouer sur le côté nyctalope de Riddick, aspect pour moi un poil sous-exploité, de manquer peut être d’une chouille de tension quand à la gestion de la lumière comme arme anti-créature (les bêtes ne rusent pas assez pour les éloigner de ces dernières et une pauvre lumière suffit à les éloigner) et d’avoir un final qui assagi peut être trop le personnage de Riddick (mais là ce n’est que mon avis, je comprends que l’on puisse apprécier cette dualité dans sa personnalité) mais une histoire bien ficelée, une réalisation nickelle et un personnage central classieux, contrebalancent largement ces petits points négatifs.

Un bon film

« Pitch Black » de David Twohy (2000). Avec : Vin Diesel, Radha Mitchell, Cole Hauser, Keith David. Distribué par : United International Pictures. Durée : 01 H 50.