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Alexandre d'Oliver Stone (2003) par Bruce Kraft
LA GRANDE BOUFFE.
La vie d'Alexandre ( 356 av J.C / 323 av J.C.) racontée par un de ses anciens compagnons d'armes, Ptolémé. De sa naissance jusqu'à sa mort, de sa prise de pouvoir à l'achèvement de ses conquêtes, voici le parcours tumultueux et sanglant de ce macédonien qui bâtit le plus grand empire du monde.
Oliver Stone n'est plus en réalisateur anonyme quand il s'attaque à ce projet et on pouvait s'attendre à du très lourd avec cette deuxième adaptation de la vie d'Alexandre le grand après celui de Robert Rossen en 1956. Oliver Stone n'est pas du genre à faire dans la facilité et serait même du genre très pointilleux dans sa manière de filmer....et pour filmer, il filme le bougre!! Rapidement vous allez vous apercevoir que "Alexandre" est un LOOOOONG-métrage...
Des scènes de dialogues interminables ne servant qu'à illustrer la célèbre rhétorique grecque mais n'expliquant rien. Le réal' de "Tueurs nés" oublie d'aller à l'essentiel et se débat pour offrir une bouffée d'oxygène au spectateur lors de scènes de batailles très bien pensées....mais mal filmées par moment, occasionnant une mauvaise lecture de l'action. Dommage car à contrario avec certains plans, à la photographie exceptionnelle, on touche presque à la perfection (la chute de cheval pendant la bataille contre les hindous!!).
Pour le réalisme par contre il n'y a pas trop de soucis à se faire car Stone n'essaie pas spécialement de réinventer l'histoire ( Vous pouvez être sûr que Marc Shift va venir ramener sa fraise dans les commentaires!!) et joue simplement le rôle de "metteur en scène" de la vie d'Alexandre (il faut savoir qu'en plus il est fasciné par le conquérant!!). C'est même assez plaisant de voir des scènes de batailles assez réalistes (contrairement à "Gladiator" et ses gladiateurs de comics!!) et une chronologie respectée.
Par contre, en ce qui concerne ses penchants sexuels ne me demandez si ceux-ci étaient vrais même si les historiens vous diront que l'homosexualité et la transexualité étaient monnaie-courante à l'époque. Vous verrez que le film tourne beaucoup autour de ça même si l'histoire reste principalement celle d'un homme voulant refaire le monde et se détacher d'une mère obsédée par la haine du père d'Alexandre...même mort!!
Franchement, ce qui fait sortir la tête de l'eau de ce film c'est le casting irréprochable sur ce coup là!! Un Colin Farrell parfait ( il termine le tournage avec une cheville et un poignet cassés....et une coupe de cheveux affreuse!!) dans le rôle du conquérant à l'hyper-sensibilité exacerbée, assumant une bi-sexualité passionnée avec son meilleur ami et "ami" Hephaistion joué par un Jared Leto autant androgyne qu'amoureux et la reine "barbare" Roxane par une Rosaria Dawson aussi forte de caractère que sculpturale (le terme n'est pas galvaudé loin de là!!).
On retrouve dans le rôle des parents la "gueule de con" Val Kilmer (obèse!!) en Phillipe de Macédoine et Angelina Jolie en Olympias. On termine avec un Anthony Hopkins jouant Ptolémé...vieux. Enrobez tout ce beau monde dans des toges et des tuniques avec des décors magnifiques ( Babylone notamment!!) sous couvert d'une B.O. orchestrée par Vangelis et vous obtenez.....un gros pétard mouillé!! Holy shit!!!
On ne peut que se demander ce qui a bien pu clocher chez Stone et ce ne serait pas être trop loin de la vérité de dire que le réal' ne s'est peut-être pas senti à l'aise dans un genre où il n'avait jamais officié. C'est avec beaucoup de peine et d'amertume que je suis obligé de finir cette chronique pour un film vraiment pas terrible....Oliver aurait-il perdu la flamme (et son insolence des débuts)?
Bruce Kraft.
Elephant Man de David Lynch (1980) par Bruce Kraft
MY BELOVED MONSTER.
1884, dans un un cirque vit John Merrick alias "l'homme éléphant". Il est un phénomène de foire exploité par un certain Bytes qui le maltraite afin d'en tirer profit. Un jour, le docteur Treves, intrigué par les difformités de Merrick, demande à Bytes d'examiner "Elephant Man".
Voici un des films qui m'ont le plus marqué...et je ne pense pas être le seul. "Elephant Man" est une version romancé de la vie de Joseph Merrick, sous les "traits" de John Hurt dans le film, d'ailleurs ce sont les moules de son visage (conservés depuis 100 ans!!!) qui ont servis pour le maquillage et c'est horriblement hallucinant !!!
C'est un choc visuel à sa première apparition sans la cagoule, j'en ai fait des cauchemars quand je l'ai vu la première fois! D'ailleurs, ne vous attendez pas à le voir de suite, au début son corps n'est que suggéré par la réaction des gens qui le voient puis par sa silhouette afin d'habituer le spectateur.
Pour son deuxième film, Lynch apporte un soin tout particulier à cette atmosphère générée par la grande révolution industrielle, il nous montre Londres en noir et blanc, ce qui amplifie énormément l'impression de crasse et de malaise. Lynch fait même, dans une interview, un parallèle entre John Merrick et la révolution industrielle :
" Toutes les images d'explosions me rappelaient les croissances de peau sur le corps de Merrick. Ce sont comme des petites explosions qui sortent de ses os. Je ne sais même pas d'où cela venait exactement. Même ses os finissaient pas exploser, changer de textures puis tout sortait de la peau comme une lente éruption. L'idée de ses cheminées, de la suie et des industries si proches de la chair du personnage m'attirait beaucoup. Les êtres humains sont un peu comme des usines. Leur corps produit tant de petites choses." Le parallèle est assez glauque mais d'une justesse incroyable....
John Hurt fait là une interprétation des plus talentueuse car tout son jeu se base sur la gestuelle ( le personnage étant handicapé) et la façon de parler ( "Je ne suis pas un animal, je suis un être humain, je....suis....un homme!! " qui deviendra la phrase culte du film).
De plus, John Hurt devait passer de longues heures pour le maquillage imposé !!
Dans le rôle du Dr Treves, nous retrouvons notre Anthony "Hannibal" Hopkins dans un rôle vraiment touchant de ce docteur vraiment curieux de la maladie de son patient puis touché personnellement par Merrick. Toujours impeccable cet acteur, c'est agaçant à la fin !!!
"Elephant Man" est hommage avoué aux films de monstre des années 20, le personnage principal est-il le vrai monstre face à une population aussi bête qu'intolérante? Des films comme "Freaks, la monstrueuse parade" abordaient déjà ce thème. Une pièce avait été mise en scène, avant que Lynch ne tourne, avec David Bowie dans le rôle de Merrick mais sans maquillage...allez, on ne rigole pas !!!
Le film de Lynch est une réelle réussite dans le genre bien qu'il n'ai pas eu le moindre Oscar, et c'est le public qui honorera son film. Dino de Laurentiis en voyant "Elephant Man" aura l'idée (Qui a dit mauvaise?) de prendre Lynch pour réaliser "Dune"....mais ceci est une autre histoire.... Bruce Kraft.
La légende de Beowulf de Robert Zemeckis (2007) par M.Shift
BEOWULF CAPTURE.
Saga d'un héros auto proclamé, arrogant et vaniteux, réclamant paiement en échange de ses exploits tel est Beowulf.
Intrigué par le concept de « motion capture », qui par raccourcis est un mix entre l'animation (pour le côté graphique) et le film live (pour le jeu des acteurs), je ne m'attendais pas à prendre une telle claque, tant visuelle que scénaristique. Pour tout dire à l' époque j' ai vu Final Fantaisy les créatures de l' esprit, et hormis l' aspect technique (pour 2001) l'intérêt était assez faible. Là je pensais donc découvrir une évolution technologique de plus.
Et bien dès les premières minutes, j'ai été embarqué par le souffle épique de l'histoire. Tout commence par un banquet fastueux donné par le vieillissant roi Hrothgar (Anthony Hopkins) à ses sujets pour ses anciennes victoires, où sa jeune femme (Robbin Wright Penn) promène sa tristesse. Soudainement le banquet est interrompu par une créature difforme nommé Grendell (Crispin Glover). Quelques temps après le carnage, Beowulf (Ray Winston) accoste avec son lieutenant Wiglaf (Brendan Gleeson, vu dans "Bravehear"t, "A.I".....) et ses hommes sur son drakkar. Il se présente au roi à qui il promet la fin prochaine du monstre.
On découvre alors un guerrier réputé, sûr de lui, très orgueilleux, soucieux de construire sa propre légende quitte à être le plus grand mythomane. Ce qui frappe c'est la complexité, l'humanité des personnages, tout y passe, la séduction, l'amour, la trahison, le mensonge, l'aveuglement, la tentation, la force, la faiblesse......Ce film est vraiment d'une richesse incroyable.
Et c'est de la « motion capture »!! Tout ce que vous voyez est issu de logiciel informatique!! Cela permet, et dès le début, une fluidité visuelle vraiment impressionnante, des mouvements de caméra impossibles, on sent vraiment l'aspect tridimensionnel du film. A ce titre la poursuite et le combat entre Beowulf et le dragon est vraiment dantesque.
Et l'histoire n'est pas en reste, on sent vraiment un gros travail au niveau de l'écriture, aucun personnage n'est oublié, ils ont tous une fonction propre, une personnalité pleine et entière.
Le jeu d'acteur n'est pas en reste, la technique permettant de retranscrire (même pour les visages, seul peut être le regard manque de « vie » ) les émotions. John Malkovitch et Angelina Jolie sont aussi du casting.
C'est simple, on peut considérer ce film comme l'un des meilleurs traitant de l'héroïc-fantaisy au même niveau que "Le seigneur des anneaux", "Le Labyrinthe de Pan"........Si vous n'êtes pas convaincus et bien regardez le film, et si vous n'êtes pas d'accord avec moi..... et bien je ne peux rien faire pour vous.
Marc Shift.

























