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Tag: Robert Downey jr

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Sherlock Holmes 2: Jeu d'ombres (2012) de Guy Ritchie par Bruce Kraft

Sherlock Holmes et le docteur Watson se retrouvent une fois de plus embarqués dans de tumultueuses aventures mais cette fois-ci l'ennemi n'est autre que Moriarty, un homme à l'intelligence supérieure capable de mettre le monde à ses pieds. Read more
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Zodiac de David Fincher (2007) par Mat Castle

HORROR SCOPE.

Eté 1969, un homme abat froidement un couple avec son Luger 9mm dans un coin paisible  de la Californie. Un des plus odieux "serial killer" américain est né, son nom: "Zodiac". Un flic et deux employés du "San Francisco Cronicle" sont biens décidés à démasquer ce très mystérieux tueur qui terrorisa les States pendant une très longue période...

 

 

 

Retour aux affaires pour David Fincher dans un genre qui a propulsé sa carrière et dont certains fans trépignaient d'impatience de le revoir aux manettes d'un nouveau film de tueur en série après son pessimiste "Se7en". La déception fut d'autant plus grande que l'attente fut longue pour une majeure partie du public (d'où des résultats très mitigés au "box office" U.S).

 

Avec "Zodiac", le réalisateur de "Fight Club" voulait raconter une histoire sobre, réaliste sans effet de style clinquant proche de son univers habituel. On peut voir dans cette démarche un devoir de mémoire évident pour les victimes de l'assassin (le long métrage est tiré de faits réels) en ne reproduisant notamment pas le schéma narratif de son précèdent film avec Morgan Freeman et Brad Pitt ("Se7en" est un chef d'oeuvre certes mais jamais vraiment crédible) et aussi parce que l'ancien "clipper" se sentait plus que touché par ces évènements (il a grandi pendant cette période d'insécurité).

 

"Zodiac" se devait d'être très procédurier et archaïque au niveau de ses investigations (pas de gadgets "high tech" façon "Les Experts" et d'analyse ADN aux temps de Nixon).

 

Fincher et son scénariste James Vanderbilt appuient leur récit minutieux ultra détaillé par les quelques aberrations de la justice ricaine et des dérives de la presse qui ont contribué à instaurer un climat de peur aux États Unis (en gros, la police aurait pu coffrer le malade au moins deux fois,et la presse -qui s'est bien fait manipulée par le tueur- a créé ainsi un monstre). Le papa de "Alien 3" nous brosse des persos typés 70's forcément (on pense au ciné de Sydney Lumet) avec une réelle profondeur psychologique (voir Paul Avery joué par "Mister cool", Bob Downey Jr).

 

Robert Graysmith (Jake Gyllenhall, pas loin de son meilleur rôle de sa jeune carrière) est le héros atypique du film car à la base il n'a rien d'un enquêteur (il était dessinateur de "cartoons" pour le canard californien) mais par son obstination quasi autiste pour l'affaire rend fascinant sa démarche.

 

En jouant avec le feu de nombreuses fois, il se donna à fond dans l'enquête en sous marin au point de négliger sa propre famille et même au détriment de sa vie (Belle scène de suspense où Graysmith qui suit une piste "alternative" croit rendre son dernier souffle se sentant coincé dans une cave). Même si le "Zodiac" apparaît plus comme une ombre menaçante dans toute la bobine, ses apparitions "physiques" font vraiment froid dans le dos.

 

Prenons en exemple la séquence sûrement la plus choquante du film, celle de l'île de Berryessa. Habillé d'une tunique sombre et d'un masque de bourreau (costume qui reste dans l'inconscient collectif quand on mentionne le "Zodiac") il laissera croire aux malheureux dans un premier temps à un simple cambriolage, la vérité à coups de couteaux méthodiques dans le ventre sera tout autre (filmé brut et sans hors champs le segment est d'une brutalité inouïe).

 

Le Finch', sachant que le tueur ne fut jamais coffré, et pour la dramaturgie de son intrigue, filme de façon à nous laisser espérer un dénouement positif, et c'est une des raison pour laquelle son métrage fonctionne si bien car il nous montre pourquoi l'arrestation a capoté de nombreuses fois malgré des suspicions évidentes (La scène d'interrogatoire confrontant les inspecteurs et Arthur Leigh Allen-géniale compo de John Caroll Lynch-, le principal suspect, est tendue comme une matraque) et nous font constater encore une fois que les rouages du système judiciaire peuvent être sacrément grippés.

 

Le dernier plan entre Graysmith et Allen dans un lieu commun est un mélange de rage et d'amertume rappelant le final du fabuleux film coréen "Memories of Murder" (dans le style "Oh, t'inquiètes MOI je sais que c'est toi qui a fait le coup) concluant magnifiquement ce "Zodiac".

 

Prenant le contre-pied des attentes du spectateur, Fincher nous retourne encore un coup avec la qualité de ses images et de son perfectionnisme maladif (il a fait 36 prises (!) pour une scéne anodine avec Gyllenhaal) et apporte une autre pièce maîtresse à son impressionnante filmographie. L'affaire du "Zodiac" est plus ou moins enterrée mais son travail sur ce film, sûrement pas. A (re)découvrir d'urgence.

Mat Castle.

 

Excellent, encore!!
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Substance Mort (Le livre) et A Scanner Darkly (Le film)

 STAIRWAY TO HEAVEN.

Bob Arctor est Fred, et Fred est Bob Arctor : un policier membre de la brigade des stupéfiants, infiltré dans un milieu de toxicomanes, et menant deux vies à la fois. Il vit avec deux autres hommes totalement déphasés par rapport à la réalité, Luckman et Barris. Donna, son amie, est dealeuse et consommatrice. Ils sont tous, exceptée Donna, accros à la Substance M, une drogue qui mine peu à peu votre identité pour finir par faire de vous une larve.

 Le livre:"Substance Mort" de Philip K.Dick (1975)

Et voilà ma première incursion dans le monde si étrange de Philip K.Dick...J'ai toujours entendu parler de cet auteur sans jamais avoir jeté le moindre coup d'oeil sur ses livres (pas taper pas taper!!) bien que je connaissais certains de ses romans par le biais de films comme "Blade Runner"ou "Minority Report"...Quand même!! K.Dick était un auteur vraiment perturbé psychologiquement (dépressions à répétitions!!) à cause, en partie seulement, des nombreuses drogues qu'ils prenaient et surtout à la période où il a écrit le roman que je vais vous chroniquer.

Alors!! Et ce livre bon sang!? "Substance Mort" sous son apparat S-F ( des engins aux noms très techniques et une tenue "brouillée" pour garder une identité secrète!!) est avant tout une histoire nous plongeant tête la première dans une maison de junkies (les freaks) infiltrée par un flic...pas très S-F vous en conviendrez. K.Dick nous fait découvrir un à un ses personnages hauts en couleurs et tous bien cramés du bulbe (Mais pas qu'un peu au niveau des délires), avant de se concentrer sur "le flic Fred/Bob le junkie" et son histoire...où plutôt l'histoire dans laquelle il est embarqué.

"Le toubib lui dit qu'il n'avait pas de poux dans les cheveux. Après être resté huit heures sous la douche, debout sous l'eau chaude à souffrir le martyre, heure après heure, à cause de ses poux, il sortait et se séchait, et il trouvait encore des poux; en fait il en trouvait partout. Un mois plus tard il en avait dans les poumons."

On pourrait donc diviser le roman en trois parties: la vie des junkies avec leurs nombreux trips assez particuliers à base de conversations venant d'une autre planète et de "séquences fiction", autrement dit "se taper un film en live" comme on dit chez moi (Ayant vécu ce genre de situation il y a quelques années, j'ai beaucoup aimé cette partie et je peux donc dire que K.Dick connaît bien le sujet), puis il y a l'évolution de Fred/Bob avec une grosse partie sur la schizophrénie du personnage et les altérations liées à la drogue et en dernière partie...nan je n'en dirais pas plus...hé hé!!

"-Tu t'imagines en train de raconter à tes petits enfants: J'ai vu de mes yeux ce bloc de hasch haut de deux mètres surgir du brouillard et partir dans cette direction, il valait bien deux milliards, en répétant: moi? rien du tout. Tes enfants te feraient interner."

Philip K.Dick fait de son livre une véritable cours de jeu où l'on sent que son histoire lui échappe un peu (Comme un certain..."Southland Tales"!)....On a la sensation de regarder un puzzle achevé dont certaines pièces viendraient....d'un autre puzzle!! Le pire c'est que c'est tellement bon qu'on en redemande !! Toujours est-il que la lecture reste vraiment facile même si deux trois passages comportant des phrases en allemand -non traduites- se glissent dans le livre donc vous allez sur le net et avec un traducteur vous résolvez le problème.

Alors, au final "Substance Mort" se révèle être un livre riche, abordant des sujets comme la drogue et ses conséquences sociales et surtout cérébrales, le lobbying pharmaceutique, la société de consommation aux multi-nationales sans remords, la télésurveillance...Autant de sujets qui sont vraiment actuels bien que le livre fut écrit en 1975. Philip K.Dick nous fait même la fleur de terminer son (autobiographique?) roman avec une fin vraiment sombre à la sauce aigre douce. Pas de "happy end"? Pas de "happy end"? Pas....de...."happy end"?

"-C'est ce que ça veut dire, la mort: ne plus pouvoir s'arrêter de regarder ce qu'on a en face de soi. Un foutu machin qu'on a mis là, devant toi, sans que tu puisses rien y changer, sans pouvoir choisir. Tu prends ce qu'on t'a placé là, tel quel, un point c'est marre."

"Tu te vois en train de contempler une boîte de bière pendant l'éternité?ça ne serait peut-être pas si mal. Il n'y aurait pas de quoi paniquer."

Excellent, encore!!

Le film: "A scanner darkly" (2005) de Richard Linklater

Après que Terry Gilliam ai été pressenti pour adapter l'oeuvre de Philip K. Dick c'est finalement Richard Linklater qui hérita du projet. L'adaptation d'un tel livre s'avérait dangereuse tant le livre se singularise par la multitude de tableaux se succédant de manière parfois anarchiques (bordéliques?) et à son univers très "barré".

Le film fût présenté au festival de Cannes dans la catégorie "Un certains regard" et les spectateurs furent mis devant une véritable expérience visuelle car ce n'est pas un simple film mais....un film d'animation. 

En effet, la technique d'animation utilisée avait déjà été employée par Richard Linklater sur son film "Waking Life" en 2001. Les acteurs sont ainsi filmés de manière numérique, puis les prises de vues obtenues sont retouchés par des artistes utilisant un programme d'animation inventé spécialement par Bob Sabiston.On félicite l'équipe pour ce boulot tant le rendu est à mi-chemin entre images réelles et BD.

Bon, au niveau scénar' il faut reconnaître qu'il y a quand même pas mal de soucis car certains passages ont été volontairement zappés et je pense que ceux qui n'ont pas lu le livre risquent de se paumer un petit peu. Le scénar' fait même fusionner deux persos du livre...Bizarre! Des aberrations scénaristiques pour le bien du public....Mouai!! Le budget serré (bien que Soderbergh et Clooney soient producteurs!!) y est peut-être pour quelque chose?

Dommage, car en plus d'une qualité graphique irréprochable  et d'une B.O. vraiment dans le ton (La séquence d'ouverture ainsi que le rendu visuel de la tenue "brouillée" sont géniaux!!), le film bénéficie d'un casting de "stars": Le très décrié Keanu Reeves endosse parfaitement le rôle de Bob/Fred, Robert Downey Jr est impérial en Barris, le junkie/génie, Woody Harrelson joue le fêlé Luckman, Rory Cochrane en Charles Freck est quant à lui vraiment dément (Avec le fameux passage du "suicide" à mourir de rire) et la revenante Wynona Ryder en Donna. En plus, les dialogues sont repris directement de l'oeuvre originale....hé bé!!!

 "A scanner darkly" est donc un film singulier qui oublie malheureusement trop d'éléments (la folie y est trop peu présente!!) pour en faire un film génial (ce qui aurait dû être le cas!!) et cohérent mais devient pour les amateurs du livre un produit cool mais inachevé où l'amertume prend un peu le pas sur l'engouement visuel...Et merde....

Un film moyen

 
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Iron Man 2 de Jon Favreau (2010) par Mat Castle

FOOL METAL JACKET.

En dévoilant son identité au monde entier, Tony Stark est devenu une star planétaire adulée. Mais l'avenir n'est pas tout rose pour le cynique milliardaire, entre l'Armée qui veut s'approprier les plans de ses armures, un coeur en métal qui le tue à petit feu et surtout Ivan Danko, un scientifique russe qui veut se venger d'une vieille rancune familiale, "Tête de fer" est une nouvelle fois dans de beaux draps....

 

Suite du méga succès surprise de l'année 2008, "Iron Man2" se devait de faire au moins aussi bien que l'original qui mélangeait habilement action et surtout humour ,avec un Robert Downey Junior naturellement taillé pour le rôle, pour un résultat plaisant à défaut d'être un chef d'oeuvre (La "cool attitude" du journaliste cocaïné de "Tueurs nés" masquait bien la mise en scène un peu "passe-partout" de Favreau surtout dans la mise en pratique de ses faiblards pics d'intensité ou "Climax" dans la langue de Shakespeare).

 

Qui dit séquelle dit accroissement du budget donc plus de moyens, donc plus de spectaculaire et bien içi...non, et c'est difficilement pardonnable.

 

"Iron Man 2" débute pourtant plutôt bien avec un Stark toujours aussi sarcastique et faussement nombriliste qui décoche vanne sur vanne face à des interlocuteurs décontenancés, ce qui avouons le, fonctionne plus que correctement (Robert Downey Junior en mode "burning" à l'extrême limite du cabotinage quand même). Le premier affrontement entre "Whiplash" et "Tête de fer" à Monaco sur une piste automobile est aussi encourageant (même si il abuse des ralentis) mais ce combat frontal entre les deux Super' sera le seul avant la séquence finale (Les deux acteurs ne se croisent pas beaucoup dans le film finalement).

 

Entre les deux, on a droit à un gouffre  narratif bourré de temps morts avec un Mickey Rourke qui bricole ses robots en nourrissant son perroquet et Stark qui veut découvrir les intentions de son père décédé. Favreau a le mérite de croire à son histoire mais pour les spectateurs qui veulent des sensations fortes, cela devient assez pénible à la longue.

 

Et quand  viennent ces moments qui doivent tout débourrer, ils sont torchés trop sobrement et sans réels impacts émotionnels. L'acteur de "Very bad things", on le savait, n'est pas un virtuose de la caméra, mais a le don fâcheux de ne pas rendre ses "fight" trippants et immersifs car beaucoup trop courts (à la fin, "Whisplash" endosse une armure à la "Dynamo Pourpre" pour combattre le "sang et or" et "War machine", trois-quatre cabrioles et la rixe est déjà terminée avant même d'avoir réellement commencée).

 

"Iron Man 2" grille ses cartouches sur le tard ("War Machine" en action, le combat avec les droïdes de la Navy et des Marines, le close-combat avec la Veuve noire..)  mais la sauce ne prends définitivement pas et l'implication du spectateur lambda ou du fan du comic-book est réduite à néant. Les seconds rôles sont aussi inexistants.

 

Paltrow en Pepper Potts est aussi transparente que "la femme invisible" des "Quatres fantastiques" mais pas pour les mêmes raisons, la pulpeuse Scarlett Johansson en "Veuve noire" est une erreur de casting indéniable, et Sam L. Jackson en "Nick Fury" n'est pas aussi imposant que l'on pouvait espérer. Favreau démystifie le mythe de la Marvel en plusieurs occasions pour le meilleur et surtout pour le pire.

 

Pour le meilleur quand il touche du doigt très timidement l'alcoolisme de Tony (la séquence d'anniversaire où il se ridiculise en étant complètement bourré et en jouant avec la vie de ses convives avec ses lasers) mais la séquence suivante est d'un mauvais goût pas possible.

 

Voyez plutôt: Fury, l'espionne soviétique et Stark en pleine gueule de bois tiennent une réunion très importante sur l'implication de ce dernier dans les projets de S.H.I.E.L.D, une discussion essentielle qui se déroule sur: 1) le gigantesque héliport de la société secrète?, 2) dans un entrepôt "high tech"? 3) Obi wan Kenobi? En fait non, le "talk" se déroule dans un... vulgaire "fast food" à la vue de tous, RI-DI-CULE.

 

Le seul à sauver les meubles c'est peut être Sam Rockwell qui assure le show un moment mais finit comme tout le monde par sombrer dans l'exubérance. En bon "blockbuster" qui doit attirer les masses, "Iron Man 2" fait aussi très vitrine promotionnelle  pour d'autres artistes notamment musicaux. Tous les tubes du moment y passent et on se demande parfois si la bobine est juste une plate forme d'espaces publicitaires pour promouvoir par exemple les chansons des papys du Rock "AC/DC".

"Iron Man 2" est donc une mauvaise surprise en étant encore plus impersonnel que le premier volet et en plombant son bon déroulement par ses choix artistiques désastreux (et c'est pas le "easter egg" à la fin qui me fera changer d'avis). Jon Favreau avait sûrement une marge de manoeuvre restreinte (de part le budget conséquent qui lui a été alloué, donc avec un besoin impératif de cartonner) mais cela n'excuse pas tout, on s'aperçoit bien vite des limites artistiques du cinéaste en terme de fun et d'efficacité  et on redoute déjà la mise en chantier d'un troisième opus (avec qui en B.O cette fois, U2?) encore plus commercial, que c'est triste tout ça....

Mat Castle.

 

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Tueurs nés d'Oliver Stone (1994) par Mat Castle

KILL TO BORN.

 

Un jeune couple meurtrier devient le chouchou des médias au point de se hisser célébrité préférée des Américains. Croupissant en taule suite à une arrestation des plus "hard", les deux anges de la mort veulent profiter d'une interview TV pour se faire la malle dans un énorme bain de sang.

 

                                      

"Tueurs nés" fait partie de ces oeuvres subversives, toutes plateformes confondues (comme Orange mécanique ou bien encore GTA pour les jeux vidéos..), qui se retrouvent toujours responsables de tous les maux du monde quand une tragédie arrive (une tuerie dans un lycée, l'ado responsable de ce carnage a un poster du film d'Oliver Stone dans sa chambre, bing! C'est obligatoirement la faute du long métrage, l'amalgame est honteux, très facile voir malhonnête) et qui se fait défoncer par la critique généraliste lors de sa sortie.

"Tueurs nés" est pourtant très loin de se résumer qu'a une accumulation de "body counts". Ce brûlot ressemble plus à une réflexion pertinente sur notamment le peuple Yankee et sa fascination morbide pour les serial killers et la violence en général. Avec le rôle du journaliste cocaïnomane Wayne Gale (Robert Downey JR complètement allumé et beaucoup moins policé qu'aujourd' hui), le metteur en scène de "Platoon" nous envoie en pleine face l'incroyable cynisme du monde de l'information et de son pouvoir de l'image qui peut nous faire gober n'importe quoi (et encore à l'époque pas d'internet).

Avec un nombre incalculable de plans aux textures différentes visant clairement l'expérimental (David Lynch n'est jamais loin), Stone mixe le réel et l' irréel (bifurquant parfois dans l'animation cartoon) mais reste cohérent dans sa démarche de raconter une histoire forte, malgré son bombardement d'images subliminales dans sa bobine.

 Privilégiant la forme mais pas au détriment du fond, le scénariste de "Scarface" booste néanmoins ses scènes d'actions par une bande son dopée aux hormones (les cages à miel se font déchirer par du L7, Patty Smith, Nine Inch Nails ou bien encore un "Bombtrack" surpuissant des R.A.T.M qui illumine une séquence clé du film...).

Mais le film n'aurait pas la même saveur sans les prestations formidables de ces interprètes principaux pour les personnages de Mickey et Mallaury Knox (Woody Harrelson est au point culminant de sa carrière, Juliette Lewis magnifique comme très souvent).

La grande malice (et perversité aussi) d'Oliver Stone, c'est de nous rendre attachant ce "Bonnie and Clyde" des temps modernes, qui au fond, sont de belles raclures, en les opposant à des esprits, et hommes de loi encore plus déglingués et malades qu'eux (comme Rob Zombie et son "Devil rejects"). En effet, les seconds rôles tenus par Tom Sizemore et de Tommy Lee Jones (cabotinant à l'extrême mais dans le bon sens) sont de vrais psychopathes malgré leurs badges.

 

"Tueurs nés" en se la jouant, burlesque, sarcastique et d'une grande ironie (un des derniers plans avec la caméra) est un pur "trip" de cinéaste. Un train fantôme qui pointe du doigt les déviances de l'homme et des médias qui, à force de glorification et "starisations" des assasins, créent des monstres de popularité...Avec l' arrivée de nouvelles technologies où tout est modulable à volonté (You tube, etc...), le discours de Stone sonne toujours d'actualité et nous rappelle que la pensée unique est très néfaste pour les individus. Un grand film.

 

Mat Castle.

Excellent, encore!!